Nouvelle cacophonie entre le ministère de l'Intérieur et les FAI : l'AFA (Association des fournisseurs d'accès et de services internet) affirme désormais qu'il n'y a pour le moment aucun accord signé avec le gouvernement. Pire, selon son président, Daniel Fava, les FAI ne semblent toujours pas d'accord sur le principe même du filtrage : « Notre position n'a pas changé : il y a un problème d'efficacité, puisque le filtrage dans les réseaux des FAI peut être aisément contourné. De plus, les équipements à mettre en place pour filtrer sont onéreux, pour une efficacité limitée ». Si l'AFA s'exprime favorablement sur le principe de création d'une liste noire, il refuse de prendre la responsabilité de la mise en place technique des solutions de blocage des sites, et demande donc une période d'expérimentation.
Concernant le reste de la Charte, l'AFA dénonce un manque de précision technique et juridique du texte, qui mélange allègrement le statut des FAI avec celui des hébergeurs. L'association demande en outre que soit explicitement indiqué pourquoi un port doit être bloqué au niveau des box des abonnés : « On pourrait un jour demander aux FAI de bloquer les box des internautes qui vont trop souvent sur des sites illégaux ou qui utilisent trop le peer-to-peer. Nous ne voulons pas devenir des big brothers, ni que les internautes se sentent espionnés par leur FAI ». Afin de simplifier la charte, les FAI ont proposé la mise en place d'un groupe de travail, qui rendra sa copie courant juillet. Enfin, les FAI expriment leur incompréhension entre le discours de Michèle Alliot-Marie (qui annonce un projet de loi pour officialiser le filtrage) et la tentation du ministère de faire signer au plus vite une charte au périmètre bien plus vaste par tous les FAI français.