Après avoir mis en avant des solutions graphiques dual GPU (telle que le GeForce 9800 GX2), nVidia propose enfin une nouvelle solution graphique haut de gamme mono GPU : le GT200. Il s'agit du plus gros GPU jamais fabriqué, puisqu'il contient 1,4 milliards de transistors. Gravé en 65 nm par TSMC, la puce dispose d'un die de 600 mm², soit environ 100 mm² de plus que le G80, un véritable tour de force qui explique en partie le retard du GT200.

Dérivé de l'architecture du GeForce 8, le GT200 possède 2 partitions supplémentaires (soit 10 au total), un multiprocesseur supplémentaire par partition (soit 3 au total par partition) et 2 fois plus de registres par multiprocesseur (soit 16384 par multiprocesseur), afin de diminuer les limitations rencontrées avec le G80. En outre, chaque multiprocesseur se voit adjoindre un composant FMAD 64 bits, pour supporter la précision de calcul FPU sur 64 bits. Quelques petites optimisations ont également été apportées, par exemple au niveau des buffers, du bus mémoire (qui passe à 512 bits) ou avec l'ajout d'un processeur dédié à la gestion des transferts PCI Express (déjà utilisé par les Radeon HD d'AMD). D'autre part, le GPU est accompagné par une puce NVIO2 qui gère les sorties vidéos.

Côté fonctionnalités, nVidia déçoit en ne supportant toujours pas DirectX 10.1, puisqu'il souhaite toujours minimiser l'intérêt de ces API (qu'il supporte néanmoins en partie) pour réduire l'intérêt des solutions concurrentes d'ATI qui sont pleinement compatibles avec la dernière version de DirectX. D'autre part, la consommation électrique est inférieure aux précédentes solutions GeForce lorsque les cartes sont au repos (nVidia a en effet ajouté des fonctions d'économie d'énergie, qu'AMD utilise déjà depuis un certain temps sur les Radeon HD). En charge, le GTX260 consomme autant que le GeForce 8800 Ultra. Notez d'ailleurs que les GPU GTX200 sont compatibles Hybrid Power.

NVidia propose 2 versions de son nouveau GPU : le GTX 260 (8 partitions, 192 unités de calcul, 64 unités de texturing, 64 unités de filtrage, 28 ROPs, bus mémoire 448 bits, fréquence de 576/1000 MHz, 896 Mo de mémoire, 309 €) et le GTX 280 (10 partitions, 240 unités de calcul, 80 unités de texturing, 80 unités de filtrage, 32 ROPs, bus mémoire 512 bits, fréquence de 602/1107 MHz, 1024 Mo de mémoire, 549 €). Les puces mémoire fournies avec les cartes de référence sont des Hynix 0,8 ns.
Côté performances, aucun doute : le GTX280 devient la nouvelle référence. Un simple exemple : avec un Core 2 QX9770, un nForce 780i et 4 Go de DDR3-1066, Crysis tourne en 1920x1200 (avec FSAA4x) sous Windows Vista en 24,7 fps avec le GTX280 et 20,7 fps avec le GT260, contre 7,9 fps pour le GeForce 9800 GX2, 11,9 fps pour le GeForce 9800 GTX, 12,6 fps pour le Radeon HD 3870, ou 14 fps pour le Radeon HD 3870 X2. L'exploitation de CUDA (pour exploiter le GPU en tant que coprocesseur de calcul) est encore plus impressionnant. Ainsi, le logiciel client Folding@Home est trois fois plus performant avec les GTX200 qu'avec le Radeon HD 3870. En moyenne, les cartes GTX280 sont entre 40 % et 70 % plus performantes que les GeForce 9800 GTX. Quant aux cartes GTX260, elles sont équivalentes aux GeForce 9800 GX2 et Radeon HD 3870 X2, tout en restant globalement bon marché pour ce niveau de performances. Reste à attendre la réponse d'AMD, qui est attendue pour la semaine prochaine...

Comme d'habitude, les partenaires de nVidia proposent tous les cartes de référence, qui ne diffèrent que par le packaging ou l'autocollant sur le dissipateur dual slot (Asus, BFG et Zotac proposent toutefois des cartes légèrement overclockées). Les cartes GTX2600 sont proposées entre 309 et 349 €, tandis que les cartes GTX280 sont proposées entre 549 et 599 €.