Rien ne va plus chez AMD. Pour le septième trimestre consécutif, la firme a enregistré un résultat négatif, avec pas moins de 1,189 milliard de dollars perdus rien que pour le second trimestre 2008 (contre une perte de 600 millions de dollars au second trimestre 2007). La marge brute s'effondre, passant de 41 % à 37 % en un trimestre (AMD a toutefois vendu des équipements pour produire des wafers de 200 mm, ce qui a provisoirement remonté la marge à 52 %). Le cours de l'action continue de s'effondrer, passant de 40 $ début 2006 à 4,80 $ dernièrement. Pourtant, dans le même temps, le chiffre d'affaires est en hausse de 3 % sur un an (soit 1,35 milliard de dollars, dont 248 millions de dollars pour sa division graphique), et AMD annonce des livraisons records pour ses processeurs Phenom X3/X4 et Opteron, ainsi que le succès de sa gamme Radeon HD 4000.
Une des raisons de la perte abyssale de ce trimestre est la dépréciation de 876 millions de dollars suite à la mise en vente de ses divisions chargées du développement de solutions graphiques pour les appareils mobiles et pour les téléviseurs numériques. Mais il n'en reste pas moins que le groupe est en grande difficulté depuis le ruineux rachat d'ATI, en particulier suite à la rude concurrence des processeurs Core 2 d'Intel face à son architecture K10, et au succès des solutions graphiques de nVidia de la précédente génération.
La première conséquence de cette débâcle est la décision du comité de direction de débarquer Hector Ruiz de son rôle de CEO (Chief Executive Officer), pour le remplacer par Dirk Meyer qui était le précédent COO (Chief Operating Officer) d'AMD. Ruiz restera néanmoins le président du comité de direction, et devient Executive Chairman du groupe. Cette opération faite suite à de nombreux changements à la tête d'AMD, et au licenciement de plus de 10 % des effectifs.
Si AMD n'arrive pas à redresser rapidement la barre, il n'y aura plus beaucoup de solutions pour sauver la compagnie : soit revendre ses usines et devenir une entreprise fabless en choisissant exclusivement la sous-traitance (comme nVidia) - ce qui priverait toutefois AMD des aides financières que la firme a pu obtenir (par exemple en Allemagne) -, soit se vendre ou fusionner avec une société pouvant injecter des finances suffisantes pour relancer l'activité (Samsung est souvent évoqué).