Jerry Yang a opéré un retournement éclair de veste en quelques heures. Google a en effet annoncé mercredi qu'il mettait un terme à l'accord de partenariat sur la recherche sponsorisée passé avec Yahoo en juin dernier, suite à l'annonce de la position défavorable des services antitrust du département américain de la Justice, indiquant qu'ils s'opposeraient à l'accord entre les 2 sociétés pour préserver la concurrence sur le marché de la publicité sur Internet. Or cet accord était stratégique pour Yahoo : il lui avait permis de mettre un terme aux velléités de Microsoft qui cherchait à l'avaler, tout en lui permettant de porter sa marge brute d'autofinancement annuelle de 250 à 450 millions de dollars pour son prochain exercice annuel.

Jeudi, Jerry Yang, le PDG de Yahoo, a déclaré : « A ce jour, je dois dire que la meilleure chose à  faire pour Microsoft est d'acheter Yahoo. Je ne pense pas que c'est une mauvaise idée du tout ». Rappelons qu'il tenait des propos tout-à-fait contraires il y a seulement quelques mois, lorsque Microsoft lui faisait une proposition de rachat de 44,6 milliards de dollars (33 $ par action). Seulement voilà, la crise financière est passée par là, et depuis la valeur boursière de Yahoo a dégringolé de 40 %, avec désormais un titre à 13,95 $ seulement. Selon Yang, « Au juste prix, quel que soit le prix, nous sommes disposés à vendre l'entreprise ». Les actionnaires de Yahoo, qui reprochait au PDG d'avoir été trop gourmand jusqu'à faire capoter les négociations avec l'éditeur de Redmond (il réclamait 37 $ par action), risquent fort d'être maintenant très énervés... Reste à savoir si Microsoft souhaite encore racheter Yahoo, même à un prix bradé.

Mise à jour du 8 novembre 2008 : réponse cinglante de Steve Ballmer aux propos de Jerry Yang : « Nous avons fait une offre, suivie d'une autre. À l'évidence, Yahoo ne souhaitait pas que nous le rachetions [...] Nous avons à un moment évoqué un partenariat autour de l'activité de moteur de recherche, et non publicitaire. Cela n'a pas marché non plus [...] Nous ne souhaitons plus revenir en arrière pour réexaminer une acquisition. Honnêtement, je ne vois aucune raison pour qu'ils le fassent aussi. Ils ont refusé notre offre de 33 $ par action, alors passons à autre chose ». Suite à ces propos, l'action de Yahoo a de nouveau dévissé pour atteindre 12,20 $. L'avenir du site est donc sombre. Pour preuve, Yahoo! multiplie les plans de licenciement, et ferme un à un tous ses réseaux sociaux : Mash, puis Yahoo Live et dernièrement Kickstart.