Activision BlizzardCoup de tonnerre chez Sony. Robert Kotick, le PDG d’Activision Blizzard, premier éditeur tiers mondial, s’en est pris à la politique du fabricant sur le marché des consoles lors d’une interview au quotidien britannique The Times : « Sony doit baisser le prix [de la PS3], parce que dans le cas contraire, le taux d’attachement risque fort de chuter. Si nous sommes réalistes, nous pourrions avoir à mettre un terme à notre soutien à Sony. Quand nous nous projetons en 2010 et 2011, nous nous demandons s'il faut soutenir cette console, tout comme la PSP ». Ce n’est pas la première fois qu’Activision critique le prix élevé des consoles de Sony, mais c’est la première fois que la menace est aussi précise : « Cela coûte cher de développer pour la console, et la Wii et la Xbox se vendent mieux. Les jeux génèrent un meilleur retour sur investissement sur Xbox que sur PlayStation ».

Bien évidemment, la médiatisation de cette déclaration a sans aucun doute comme but d’engager des négociations afin de faire baisser le niveau de royalties qu’Activision verse à Sony (environ 500 millions de dollars par an), mais la situation financière désastreuse de Sony pourrait rendre difficile cet objectif. La réponse de ce dernier, par la voix de son porte-parole Patrick Seybold, est d’ailleurs restée très politiquement correcte : « PlayStation connaît un énorme élan depuis l'E3, et nous assistons à une croissance positive avec plus de 350 titres destinés à débarquer sur toutes nos plates-formes, incluant beaucoup de jeux attendus de la part de nos partenaires éditeurs. Nous bénéficions de saines relations d'affaires avec eux, les estimons énormément, et travaillons en étroite collaboration avec ces partenaires afin d'offrir la meilleure expérience de divertissement ». Toutefois, Sony aurait tord de prendre à la légère ces menaces, puisque c’est comme cela qu’a débuté la chute de plusieurs consoles, telles que la Dreamcast de Sega, la Nintendo 64 et la Gamecube de Nintendo...

Mise à jour du 26 juillet 2009 : Sony ne semble pas impressionné par les menaces de l'éditeur. Interrogé sur la logique qu'il y a de ne pas baisser le prix de sa console, Howard Stringer, le CEO de Sony, a répondu que le prix de la PS3 ne sera pas réduit : « Je perdrais de l'argent sur chaque PlayStation que je ferrais, Où est la logique ? ». Et concernant les menaces de Robert Kotick : « Il aime faire beaucoup de bruit [...] Il me met la pression et je lui mets la pression également. C'est ça, le business ».
Pendant ce temps, les joueurs grognent contre plusieurs décisions controversées d'Activision Blizzard pour faire plus d'argent : multiplication des services payants dans World of Warcraft (Blizzard envisagerait même de basculer d'un système d'abonnement mensuel vers un système free-to-play avec des micro-transactions et de la publicité), et suppression du mode LAN de Starcraft II et Diablo III (pour obliger les joueurs à passer par Battle.Net).