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mercredi 7 janvier 2009

Macworld 2009 – Apple retire définitivement les DRM d’iTunes

La keynote de Phil Schiller au salon Macworld 2009 était exclusivement destinée au Mac, décevant donc ceux qui attendaient un iPhone Nano. En outre, toutes les rumeurs ont été démenties : pas de nouvel iMac, ni de Mac Mini, et même aucune information sur MacOS X Snow Leopard. La seule rumeur qui s’est finalement confirmée était l’annonce de l’abandon des DRM pour tous les fichiers musicaux proposés sur « iTunes Plus » (jusqu’à maintenant, seul les titres d’EMI étaient proposés sans DRM). En contrepartie, Apple a cédé aux demandes des majors, en abandonnant le prix unique (0,99 $) pour 3 niveaux différents de tarifs : 1,29 $ pour les nouveautés et les succès, 0,99 $ pour les titres de moins de 6 ans et 0,69 $ pour les titres de plus de 6 ans. Dans un premier temps, 8 millions de titres sont libres de DRM. D’ici la fin du trimestre, l’ensemble des 10 millions de titres seront débarrassés des dispositifs de protection. Concernant les titres déjà achetés, ils conserveront leurs DRM. Apple propose toutefois en option de migrer l’intégralité de sa collection en ôtant tous les DRM, mais à un tarif prohibitif (0,30 $ par titre). Il est en outre impossible de sélectionner les titres à migrer, c’est tout ou rien ! Enfin, concernant l’iPhone, l’accès à iTunes pourra désormais être effectué en 3G (également en EDGE), le WiFi n’étant plus obligatoire.

Retour au Mac : Schiller a annoncé que 9,7 millions de Mac ont été vendus en 2008, une croissance remarquable. C’est l’occasion pour Apple de proposer le nouveau Macbook Pro 17" Unibody (39,3 x 26,7 x 2,5 cm pour 2,99 kg). Il dispose d’un Core 2 Duo 2,66 GHz (2,93 GHz en option), un écran 17" 1920x1200 (brillant, contraste de 700 :1, plage de couleur étendu de 60 %), HD 320 Go (SSD 128 ou 256 Go en option), 4 Go de mémoire (8 Go en option), chipset GeForce 9400M, GPU GeForce 9600M GT, et surtout une nouvelle batterie compacte, annoncée comme pouvant supporter 1000 cycles de charge et fournissant une autonomie record de 8 heures (7 heures avec le GeForce 9600M GT). Mais il y a en contrepartie un bémol, et il est de taille : la batterie est désormais inamovible ! L’autre point noir est le tarif : le Macbook Pro 17" sera disponible fin janvier à partir de 2799 $. Point positif à noter toutefois : il est possible d’obtenir un écran mat en option pour 50 $.

Enfin, Apple renouvelle sa gamme de logiciels :
- iLife’09 (disponible fin janvier à 79 $ ou 99 $ en pack familial, et fourni avec tous les Mac) : iPhoto dispose désormais des technologies Faces, un dispositif de reconnaissance faciale automatique (il est ainsi possible de classer automatiquement les photos par individu, même si plusieurs personnes se trouvent sur les photos), et de Places, un dispositif de géotagging, qui utilise soit un GPS, soit Google Maps. La nouvelle version d’iPhoto peut également communiquer avec Facebook et Flickr, et dispose de nouveaux thèmes graphiques pour les diaporamas. Du côté d’iMovie, il est possible d’utiliser des cartes graphiques 2D ou 3D animées, des nouveaux styles de transitions, de nouveaux effets spéciaux vidéo, un éditeur de précision, et une technologie de stabilisation numérique. Enfin, Garageband propose désormais la fonction Learn To Play, des tutoriels vidéo HD (payants – 4,99 $ l’unité) pour apprendre à jouer un instrument, et présentés par de grands musiciens (Sting, Norah Jones…). iWeb et iDVD sont peu modifiés : nouveaux widgets, export FTP, interface Facebook…
- iWork’09 (disponible pour 79 $ ou 99 $ en pack familial, ou 49 $ avec un Mac) : Keynote est enrichi de nouveaux effets de transition et d’animations 3D pour les graphiques, ainsi qu’un mode d’affichage plein écran. Il est également possible de piloter à distance une présentation via l’application Keynote Remote pour iPod et iPhone. On notera l’ajout des bibliothèques de formules mathématiques et scientifiques MathType et EndNote dans Pages. Numbers’09 dispose de feuilles de calcul avancées, et inclut plus de 250 nouveautés. Une version de démonstration  est disponible en téléchargement : http://www.apple.com/iwork/download-trial/
Notez qu’iLife’09 nécessite MacOS X Leopard, et que pour l’occasion Apple proposera un bundle iWork’09 + iLife’09 + MacOS X Leopard pour 169 $.
Enfin, Apple propose iWork.com, un nouveau service web (payant) d’hébergement et de partage de document, permettant d’annoter ou d’éditer en ligne les documents. La version de démonstration d’iWork’09 permet d’avoir accès à une version beta d’iWork.com.

mercredi 22 octobre 2008

Loi Création et Internet (Hadopi) : une tentative de passage en force dans la confusion la plus totale (mis à jour le 26 octobre 2008)

Voici donc les derniers rebondissements concernant ce feuilleton à suspense.

8 octobre : Dans une lettre adressée à l'Association des Réalisateurs-Producteurs (ARP), Viviane Reding, la commissaire européen chargée de la société de l'information et des médias, indique qu'elle ne participera pas cette année aux Rencontres Cinématographiques, contrairement aux années précédentes. Explication : « C'est à mon grand regret que j'ai dû constater au cours des dernières semaines, que le secteur culturel avait lancé un débat agité et parfois polémique avec pour objectif d'inclure, dans le "paquet télécom" discuté en ce moment par les institutions communautaires (Parlement Européen et Conseil), une sorte de légalisation européenne de la "riposte graduée" sur le modèle de celle actuellement en discussion en France. J'ai toujours soutenu des solutions équilibrées et adaptées pour protéger la propriété intellectuelle et pour assurer une lutte efficace contre le piratage. J'ai regardé avec intérêt la France tester un modèle possible de la “riposte graduée”. Voilà pourquoi je regrette que la polémique entre “producteurs de contenu” et “partisans d'un internet libre” soit arrivée à des sommets tels, qu'à un certain moment, ces tentatives ont même mis en danger les propositions de la Commission européenne pour renforcer, d'une manière souple et réfléchie, la place du contenu dans la réglementation télécom, de même que la future recommandation "Contenu en ligne". [...] C'est maintenant, en premier lieu, aux instances françaises de se prononcer en la matière. Comme la Commission vient de le rappeler, l'ordre juridique communautaire laisse aux États membres une latitude suffisante pour parvenir à un juste équilibre entre plusieurs droits fondamentaux potentiellement touchés par la "riposte graduée", à savoir le droit au respect de la vie privée, le droit de la propriété (physique et intellectuelle) et le droit à des recours efficaces ainsi que le droit à la liberté d'expression et d'information. Ceci est d'ailleurs la teneur de l'amendement 138 ». En bref, afin de renouveler son poste de commissaire, Viviane Reding change de position et s'oppose donc à la riposte graduée telle que proposée par Christine Albanel, en préconisant une solution plus équilibrée. Rappelons que dès le vote de l'amendement 138, elle avait indiqué son souhait de supprimer l'amendement du texte (mais sachant que 88 % des députés européens l'avaient approuvé, sa position était devenue intenable).

9 octobre : Visiblement, José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, n'a pas apprécié le communiqué de presse qui lui faisait dire qu'il repoussait la proposition de Nicolas Sarkozy de supprimer l'amendement 138. Il a en effet indiqué que ce communiqué avait été émis sans son consentement, et qu'il ne reflétait pas son point de vue ou celui de la Commission. Le communiqué a en réalité été émis par Martin Selmayr, le porte-parole de Viviane Reding ... Dénonçant le scandale, il indique officieusement son intention de revenir sur l'amendement 138.
Pendant ce temps, Nicolas Sarkozy imagine une nouvelle stratégie pour contrer l'amendement 138 : il charge Luc Chatel, le secrétaire d’Etat chargé de l’Industrie et de la Consommation, de négocier avec Viviane Reding et les autres membres de la Commission pour demander que l'ensemble des dispositions relatives au droit d'auteur qui se sont glissées dans le 'Paquet Télécom' soient retirées ! Rappelons que ces amendements ont justement été adoptés sous la pression des autorités françaises et des lobbys culturels...

16 octobre : Nouveau rebondissement, pour une nouvelle stratégie de Nicolas Sarkozy. Le but est désormais de faire voter le plus vite possible le projet de loi "Création et Internet", afin de contrer le risque de blocage du texte par les institutions européennes. Une date est fixée pour l'étude par le Sénat : ce sera le 29 octobre. Conséquence immédiate : l'étude de plusieurs textes bien plus importants (loi pénitentiaire, réforme hospitalière...) sont repoussés. Immédiatement, l'association UFC-Que Choisir envoie une lettre ouverte à José Manuel Barroso, en lui demandant d'intervenir pour empêcher le gouvernement français d'entamer l'examen du projet de loi. En effet, « la Commission européenne doit rendre le 23 octobre, un avis sur la compatibilité au droit communautaire de la riposte graduée ». Or, sans attendre cette décision, le gouvernement français « a inscrit, à la hussarde, le projet de loi Création et Internet à l'ordre du jour du Sénat ». De plus, l'amendement 138 menace le projet de riposte graduée, et plusieurs pays dont le Danemark et la Suède se sont déjà opposés à ces méthodes répressives. Rappelons que selon l'article 934 de la directive 98/34/CE, un État-membre doit reporter un projet de loi de douze mois si parallèlement les instances européennes travaillent sur une directive, un règlement ou une décision sur un sujet semblable. En conclusion, l'association demande à la Commission « de bien vouloir repousser l’adoption du projet de loi susvisé et inviter la France à privilégier à la logique du "tout répressif du projet de loi", le juste équilibre entre rémunération des artistes et intérêt des consommateurs promu par l’Union européenne ».

18 octobre : Le sénateur de Vendée, Bruno Retailleau (sans étiquette) critique à son tour le projet de loi au nom de la Commission des affaires économiques. « Je trouve le texte déséquilibré, c'est-à-dire répressif sans contrepartie pour le consommateur ».

21 octobre : Christine Albanel a expliqué devant la Commission des Affaires culturelles du Sénat les grandes lignes du projet. Il sera extrêmement intrusif et répressif. Il est en effet prévu l'envoi de 10.000 messages d'avertissement par e.mail par jour, et 3000 envois par jour de courrier en recommandé pour les récidivistes. En outre, 1000 décisions seront prises quotidiennement par l'Autorité (Hadopi), qui pourra déboucher sur une suspension de l'accès Internet pour une durée de 3 mois à 1 an (1 à 3 mois en cas de négociations). L'abonnement Internet ne sera pas suspendu sur cette période. L'Autorité sera composée de magistrats et d'agents publics indépendants, sans rapport avec les industries de la musique et du cinéma. Le budget est confirmé : 6,7 millions d'euros en 2009. Selon la ministre de la Culture, le texte n'est pas liberticide car la « liberté de communication ne peut-être invoquée pour faire échec au droit de la propriété intellectuelle » et l'accès Internet ne serait pas une liberté fondamentale. Concernant la coupure de l'accès Internet en cas d'offre Triple Play, Christine Albanel indique que des solutions techniques existent, mais cela devrait nécessiter un budget supplémentaire de 3,5 millions d'euros pour l'ensemble des FAI (des discussions sont en cours avec les FAI sur ce financement). L'identité des internautes identifiés ne sera pas transmise aux ayants droit, seule l'Autorité en aura connaissance. Enfin, aucun point du texte n'aborde la promotion du téléchargement légal ou la suppression des DRM.
Pendant ce temps, la Commission européenne a accepté l'amendement 138, donnant donc tort à Nicolas Sarkozy. En conséquence, pour pouvoir le supprimer, le gouvernement français va devoir trouver une majorité qualifiée (ce qui risque d'être très difficile). De toute façon, si la Commission supprime l'amendement, les eurodéputés ont déjà annoncé qu'ils le réintègreront en seconde lecture.

22 octobre : Vu l'impopularité du texte avant même son examen par le Sénat et les menaces européennes, l'industrie musicale française va tenter un dernier coup de poker. Le 28 octobre, donc la veille de l'ouverture des débats parlementaires sur la riposte graduée, devrait être annoncé l'abandon des DRM sur les catalogues de productions musicales françaises. Rappelons que cette promesse faisait parti des accords Olivennes, mais ne devrait être mise en œuvre que sous un délai maximal d'un an après la mise en place de la riposte graduée. Il n'est toutefois pas certain que les sénateurs se réjouissent de cette annonce, puisque cet abandon confirme surtout l'inutilité de toute la partie sur les Moyens Techniques de Protection des œuvres de la loi DADVSI, loi qui avait été votée dans la précipitation et le chaos... Il faut également noter que cette promesse n'était pas difficile à tenir, puisque les majors ont les uns après les autres abandonnés les DRM, devant l'hostilité des consommateurs.

23 octobre : Un rapport de la commission des affaires culturelles du Sénat indique que 50 amendements vont être proposés dans le cadre de l'étude du projet de loi Création et Internet, dans le but de donner une légitimité à la haute autorité (Hadopi), afin de contrer l'amendement 138. Ainsi, elle serait désignée comme une personne morale, ce qui lui apporterait un statut avec des droits, des obligations et des responsabilités juridiques. Elle pourrait non seulement être saisie par les ayants droit de l'industrie culturelle, mais également par les éditeurs de logiciels et les entreprises de communication audiovisuelle. Elle serait dans l'obligation de rendre des comptes via un rapport annuel. Ses membres seraient indépendants (aucune fonction au sein de l'industrie musicale ou cinématographique) et seraient tenus au secret professionnel.
Autre proposition, une sanction alternative à la suspension de la ligne pourrait être mise en œuvre dès que la technologie le pourra. Il serait ainsi possible de continuer à accéder à sa boite e.mail, ou encore aux sites de téléchargement légaux, voire même restreindre la bande passante. Il s'agit en réalité d'une proposition émise par CopeerRight Agency, qui avait été fournie gracieusement au président de la Commission et rapporteur du texte, Michel Thiollière... En outre,  l'Hadopi serait amené à à délivrer un label pour les plateformes légales, et à évaluer les expérimentations de filtrage et de reconnaissance des contenus. Néanmoins, les sénateurs ne souhaitent pas qu'un juge soit en mesure de prononcer une mesure de filtrage.
Petite nouveauté, la Commission souhaite imposer aux ayants droit la mise en place d'un accord pour remettre en ordre la chronologie des médias. Côté FAI, le rapport suggère de faire modifier le contrat des FAI pour indiquer les sanctions encourues, et d'imposer aux FAI la fourniture d'un moyen de sécurisation de l'accès Internet, parmi ceux que l'Hadopi proposera. http://senat.fr/dossierleg/pjl07-405.html

24 octobre : Le gouvernement a déclaré l'urgence du texte. Autrement dit, il n'y aura qu'une lecture au Sénat, puis une à l'Assemblée Nationale, avec une possible Commission paritaire avant la validation du texte. Voilà qui risque de relancer une polémique équivalente à celle qui avait secoué les Parlements avec la loi DADVSI. Pourtant, cette mesure d'urgence n'a aucun sens. En effet, l'Assemblée Nationale vient de reconnaitre que face à son agenda très chargé, le projet de loi Création et Internet ne pourra y être étudié qu'en janvier ou février 2009.
Pendant ce temps, le SNEP a envoyé un nouveau document de propagande aux sénateurs, qui fait très souvent appel à de la désinformation...

A suivre...

jeudi 16 octobre 2008

Nicolas Sarkozy va dévoiler le plan Numérique 2012 et devrait recaler la quatrième licence 3G (mis à jour le 17 octobre 2008)

Repoussé d'une semaine à cause de la crise financière, le plan du gouvernement pour développer l'économie numérique sera présenté par le président de la République le 20 octobre prochain. Mis au point suite aux 130 ateliers des Assises du numérique par le secrétaire d'Etat au Développement de l'économie numérique, Eric Besson, il vise à faire de la France  « une puissance numérique à l'égal des économies les plus dynamiques de notre planète » d'ici 2012, ce qui est loin d'être le cas aujourd'hui puisque l'économie numérique ne représente que 6 % du PIB (contre 13 % aux USA).

Selon un des derniers documents de travail (daté du 7 octobre), il comporterait 151 actions. Parmi celles-ci, l'une d'elles vise à porter la part des ménages équipés d'un ordinateur de 55 % aujourd'hui à 70 % d'ici 2010 (plan Ordi 2.0, avec la mise en place d'une filière de récupération, de retraitement et de redistribution d'ordinateurs). Une autre se donne comme objectif de connecter 99 % des foyers français au haut débit d'ici 2012. Le texte évoque également la mise en place de réglementations pour la fibre, ainsi que la possibilité de déployer la fibre en utilisant les infrastructures des réseaux électriques. Il n'oublie pas une réforme de la copie privée (affichage du prix de la taxe, modification de la désignation des représentants de la commission et renforcement de ses moyens), le développement de la production et de l'offre de contenus cinématographiques, musicaux et audiovisuels (création d'un observatoire, « banc d'essai » des technologies d'empreintes pour tagguer les contenus, création d'une charte pour les acteurs du web 2.0 pour respecter le droit d'auteur et mettre en œuvre des techniques de protection des contenus, création d'un répertoire national des œuvres protégées, réaménagement des délais de mise à disposition des films), la contribution à la définition de standards interopérables de DRM, une réflexion sur la mise en place d'un cadre juridique pour les contenus exclusifs à certains opérateurs, une portabilité des numéros mobiles sous 24 heures, le développement du marché du logiciel (affichage séparé du prix du matériel et des logiciels, encourager la vente d'un ordinateur sans système d'exploitation), création d'une carte d'identité numérique basée sur une signature électronique sécurisée, création d'un délit d'usurpation d'identité sur les réseaux électroniques, et un cadre réglementaire pour la télévision mobile (norme DVB-SH). Il revisitera l'administration électronique et la gouvernance de l'économie numérique (avec par exemple la création du « Conseil National du Numérique », la mise en place d'instances régionales et la possibilité pour les collectivités locale d'intervenir dans les réseaux en tant qu'investisseur minoritaire). Des incitations pour développer les usages des nouvelles technologies dans plusieurs secteurs (éducation et formation, télétravail, commerce électronique, création d'entreprises innovantes...) seront également développées.

Enfin, le point le plus délicat sera certainement le sort réservé à la quatrième licence 3G. Selon le document, 2 appels à candidatures seraient lancés en 2009 (un pour la bande des 2,1 GHz, un pour la bande des 2,6 GHz). Mais selon le Figaro, Nicolas Sarkozy aurait décidé d'enterrer définitivement cette licence, afin de protéger en particulier Bouygues... Les deux appels d'offres, courant 2009, seraient donc destinés à attribuer aux 3 opérateurs actuels des blocs de fréquence (ce qui contrevient aux préconisations de l'ARCEP), à la condition d'obtenir des aménagements pour les opérateurs virtuels (MVNO). Un troisième appel d'offres serait quant à lui prévu pour 2012, et ne concernerait que le dividende numérique, autrement dit les fréquences hertziennes libérées par la transition vers la TV numérique. Et pour mettre des bâtons dans les roues de Free, ces licences seraient vendues à un prix exorbitant : entre 1,5 et 3 milliards d'euros ! Si cette solution était choisie, nul doute que les opérateurs alternatifs crieraient au scandale. Il faut avouer que Free, en annonçant récemment que l'offre 3G de Free Mobile regrouperaient les appels illimités vers les fixes et les mobiles et un accès Internet illimité pour 29,99 € par mois a donné quelques sueurs froides aux opérateurs en place, qui jouissent pour le moment de l'absence quasi-totale de concurrence sur ce marché...

Mise à jour du 17 octobre 2008: Eric Besson a répondu partiellement à l'article du Figaro concernant le sort de la quatrième licence mobile : « Toutes les options sont ouvertes. Je n'ai pas à commenter, ni pour les confirmer, ni pour les infirmer les rumeurs qui circulent [...] La question qui est posée n'est pas pour ou contre un quatrième opérateur, qui est une façon très réductrice de poser la question, mais selon quels critères et quelles méthodes attribuer les fréquences disponibles pour faire de la téléphonie de troisième génération ». Le secrétaire d'Etat au développement de l'économie numérique a ajouté que le Plan Numérique 2012 qui sera dévoilé lundi « répondra clairement à la question de ces critères ».

mercredi 11 juin 2008

SFR et Orange s'affrontent sur le marché des services de téléchargement « illimité » de musique

A quelques heures d'intervalle, Orange et SFR ont annoncé leurs nouvelles offres de téléchargement illimité de musique, avec "Musique Max" pour le premier et "Pass Music Live" pour le second. Les 2 offres sont très similaires : pour 12 € par mois, les abonnés peuvent télécharger et conserver définitivement les titres choisis dans les catalogues de plusieurs majors (même après la résiliation de l'abonnement), à hauteur de 500.000 titres chez SFR et 1 million de titres chez Orange. Les services sont accessibles depuis un PC, et les fichiers pourront être transférés vers un mobile ou un baladeur. Ils sont accompagnés de diverses offres. Ainsi, chez SFR, il existe une formule permettant d'obtenir des réductions pour les places de concert, un accès au service SFR Music depuis un mobile, et un accès au service de diffusion de concerts en direct. Chez Orange, il sera possible de transférer les titres vers 5 supports au maximum (ni disque dur externe, ni CD, uniquement des téléphones et baladeurs compatibles), et en outre l'illimité est en réalité limité à 500 titres par mois pour « éviter les comportements déraisonnables » selon l’opérateur. Enfin, les fichiers seront tous protégés par le DRM Windows Media. Ce ne sont donc probablement pas les offres qui permettront de ralentir le piratage de la musique en France...

mardi 29 avril 2008

Internet en bref - 29 avril 2008

- Les dossiers des candidats à la reprise d’Alice seront déposés ce mardi. Le futur propriétaire sera connu fin mai.
- Après des tentatives de mise à jour catastrophiques pendant quelques heures (blocage des enregistrements des chaines de la TNT, fausse mise à jour du boitier HD, chaine NRJ12 en double, service TV Perso fortement ralenti…), Free a enfin réussi à activer la possibilité de changer de langue sur les chaines TNT. Tout ça pour ça…
- Luc Chatel, le secrétaire d'Etat chargé de la Consommation, a annoncé que le sort de la quatrième licence 3G n’était pas encore fixé :  ni la date (« Le calendrier parlementaire étant très tendu jusqu’à l’été, la logique serait d’organiser ce débat à l’automne »), ni la procédure (« Il faudra poser la question de la pertinence d’étaler ou non le paiement de la redevance, qui change la règle par rapport à celle imposée aux trois premiers opérateurs »).
- Le Secrétaire allemand à la Culture, Bernd Neumann, a apporté tout son soutien à la proposition française sur la risposte graduée, et envisage de porter cette initiative en Allemagne. Et quid du rejet du principe par le Parlement Européen ?
- Selon une étude de G-DATA, 43 % des PC zombis seraient situés en Europe, essentiellement en Allemagne et en Italie.
- Orkut, le site social de Google, a livré plus de 3000 fichiers de présumés pédophiles suite à la menace de la justice brésilienne qui menaçait de faire interdire le service sur son territoire si Google ne collaborait pas.
- Microsoft propose une application Windows Live Messenger pour Facebook, qui est limitée aux conversations avec les membres du service.
- Microsoft annonce la fermeture de son service de téléchargement de musique MSN Music Store, pour ne conserver que le Zune MarketPlace. Les clients de MSN Music Store seront donc  ravis de découvrir qu’après le 31 août, les musiques téléchargés seront inaccessibles puisque les serveurs de clés de lecture DRM seront stoppés… Seule solution viable : transférer les titres sur un CD, puis les convertir en MP3. Jamais le label « PlayForSure » de Microsoft n’a semblé aussi ridicule…

vendredi 21 mars 2008

Nouvel exploit de Slysoft : la protection BD+ des films Blu-Ray est déjouée

Comme il l’avait promis courant 2007, l’éditeur Slysoft a mis en ligne une nouvelle version de son logiciel AnyDVD HD (release 6.4.0.0) qui permet pour la première fois de décrypter tous les films en Blu-Ray, y compris ceux qui sont protégés avec la technologie BD+, laquelle était pourtant jugée quasi-inviolable par la Blu-Ray Disc Association (elle était censée tenir au moins 10 ans selon Richard Doherty de l’Envisioneering Group…). BD+ nécessite une machine virtuelle, pour exécuter des instructions de décodage à l’insertion du disque. Il faut donc en principe posséder les clés de décryptage pour lire le film, mais la méthode utilisée par AnyDVD HD n’a pas été expliquée.
Dans un communiqué publié sur son site, Slysoft triomphe et se moque ouvertement des studios de cinéma qui ont basculé « un peu trop tôt » vers le Blu-Ray à cause de la présence du BD+. Il indique également que la publication de cette version a été retardée « pour des raisons stratégiques », afin d’attendre la fin de la guerre entre le HD-DVD et le Blu-Ray. Toutefois, l’éditeur prévient que « les films Blu-ray disponibles aujourd'hui n'exploitent pas complètement les possibilités offertes par BD+. Les prochaines sorties proposeront sans doute une version modifiée et plus sophistiquée de la protection BD+, mais nous y sommes déjà préparés ».
Notez que la légalité du logiciel AnyDVD HD est sujette à caution en France, d’une part à cause de la loi DADVSI (contournement de mesures techniques de protection à seule fin de copie), d’autre part à cause de la jurisprudence concernant la copie de DVD, en particulier suite à l’affaire ayant opposé un consommateur et l’UFC Que Choisir au Studio Canal et aux films "Alain Sarde", où le tribunal de grande instance avait légalisé les dispositifs anticopie des DVD. Au passage, Slysoft est protégé puisque basé à Antigua…