Le journal satirique Le Canard Enchainé a dévoilé une affaire qui risque fort
de mettre dans l’embarras Denis Olivennes, le PDG de la FNAC, qui s’est
récemment illustré auprès du gouvernement en rédigeant un rapport pour lutter
contre le piratage des œuvres sur Internet. Depuis deux mois, la SACEM enquête
sur la présence dans les rayons de la FNAC (ainsi que d’autres distributeurs)
de DVD suspects (des concerts des Rolling Stones, Lenny Kravitz, Jimi Hendrix,
Eric Clapton…), édités par une mystérieuse société WoW Corporation (un label
qui serait situé en ex-Yougoslavie), et dont le contenu laisse peu de place au
doute : outre un prix étrangement bas (environ 16 € contre 20 à 30 € pour les
vidéos proposés par les majors) et une jacquette cheap (une simple photocopie
en couleur), le disque ne comporte aucune référence (pas de code du fabricant
ou du distributeur), et la qualité d’image est très médiocre (avec parfois
l’apparition d’un logo flouté dans un coin de l’écran). De plus, ces DVD
seraient difficilement lisibles avec certains lecteurs. En bref, il s’agirait
de simple bootlegs (des enregistrements pirates). D’autres DVD édités par la
société allemande Masterplan seraient également en ligne de mire des
enquêteurs.
Pour se défendre des accusations, le responsable des achats vidéo de la Fnac,
Guy Messina, indique que l’enseigne « achète 262 000 références par an et
qu'elle a plus de 600 fournisseurs. Ils savent ce qu'ils vendent, ils sont
responsables. C'est à eux d'être honnêtes. On ne va pas, à chaque commande,
demander au fournisseur qu'il nous prouve que son produit possède toutes les
autorisations. Maintenant, si quelqu'un nous prouve qu'il n'est pas légal, on
le retire des rayons ». Un argumentaire pour le moins contestable, puisque
la FNAC ne peut s’exonérer de ses responsabilités… Pire, la direction était au
courant depuis plusieurs mois. En décembre dernier, un tract syndical circulait
à la FNAC pour dénoncer la présence de ces DVD pour le moins douteux dans les
bacs du magasin. Interrogée lors d’un comité d’entreprise, « la direction
nous répond que d'autres, comme Virgin, en vendent aussi. Et que donc, vu la
concurrence, on ne peut pas se permettre de ne pas avoir ces références dans
nos rayons » selon un vendeur. Elle avait même menacé la CFTC de porter
plainte contre elle selon le syndicat… Pour couronner le tout, il ne
s’agit pas de la première affaire de ce type pour la FNAC, qui avait déjà dû
affronter l’année dernière la société Eagle Vision, dont le magasin
commercialisait des copies pirates de ses titres…
Devant la médiatisation de l’affaire, la FNAC a retiré de toute urgence ces
titres de son site Internet. Mais les magasins disposent encore de stocks
conséquents, et certains DVD sont encore présents dans les rayons. De son côté,
la SACEM a déposé une plainte. Enfin, les syndicats indiquent que le règlement
intérieur 2008 de la FNAC stipule désormais que tout salarié qui introduira au
sein de l’établissement un produit piraté sera « passible de sanctions
pouvant aller jusqu’au licenciement à effet immédiat pour faute grave ».
Est-ce ce qui attend Denis Olivennes ?
Tag - FNAC
vendredi 29 février 2008
La SACEM accuse la FNAC de piratage
Par NewsLetterOnline.net le vendredi 29 février 2008, 06:12