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Tag - Microsoft

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lundi 12 octobre 2009

Retour surprise de SCO : Linux est à nouveau en danger

Alors que l'on vient de fêter les 40 ans d'Unix, un jugement totalement inattendu vient perturber les festivités. Une cour d'appel américaine vient en effet de casser le verdict de 2007 allouant à Novell la propriété d'Unix, un procès qui avait à l'époque mené SCO tout droit à la banqueroute.
Pour rappel, SCO, qui proposait les systèmes Unixware et SCO OpenServer et revendiquait de fait tous les droits sur Unix, avait accusé IBM d'avoir incorporé illégalement dans le code de Linux du code d'Unix, et lui réclamait d'abord 1 milliard puis 5 milliards de dollars. SCO réclamait en outre aux entreprises utilisant Linux le paiement d'une licence très onéreuse. Il avait ainsi contacté 1500 grandes entreprises pour les menacer. Mais tel un chevalier blanc, Novell était intervenu au cours du procès et avait réussi à convaincre le tribunal qu'il était le seul détenteur de la propriété intellectuelle d'Unix (et en outre qu'il possédait le copyright d'Unixware).

Novell avait en effet déboursé plus de 300 millions de dollars en 1993 pour acquérir Unix System Laboratories, qui possédait les droits d'auteurs sur Unix et les licences associées. Deux ans plus tard, il vendait son activité Unix à SCO, mais les 2 sociétés avaient une version différente sur le fait que cette vente incluait ou non la propriété du copyright sur le code Unix. Le juge Kimball avait donné raison à Novell et avait condamné SCO à une amende de 2,5 millions de dollars. Par la suite, suite aux coûts engendrés par les poursuites judiciaires, SCO s'était déclaré en faillite, mais avait finalement été sauvé de la liquidation judiciaire suite à l'intervention du fonds d'investissement Gulf Capital Partners LLC et de son président Stephen Norris, qui a choisi de soutenir la société en lui versant 100 millions de dollars en 2008, mais sous la condition que la direction de SCO s'engage à maintenir « agressivement » ses poursuites à l'encontre d'IBM et de Novell (et contre la société Autozone, qui devait servir d'exemple pour toutes les sociétés utilisant Linux). Pour rentabiliser son investissement, Norris parie donc sur le fait que SCO arrivera à ses fins, et donc parviendra à imposer le versement de royalties sur Linux.

Le feuilleton débuté en 1993 n'est donc pas encore achevé, et devrait nous tenir en haleine dans les mois qui viennent.

Cet épisode intervient alors que la Fondation Linux et L’Open Invention Network (OIN) ont critiqué la vente par Microsoft de 22 brevets liés à Linux à la société AST (Allied Security Trust), une société spécialisée dans le rachat de brevets et la revente de licences aux autres compagnies. L’OIN, qui a réussi à convaincre AST de lui rétrocéder ces brevets, accuse l’éditeur d’avoir réalisé cette opération en indiquant que les 22 brevets faisaient parties de ceux que Microsoft brandit de manière récurrente pour accuser Linux de violation de propriété intellectuelle. Microsoft a démenti avoir eu une telle intention, et a rappelé ses récentes initiatives envers le monde open source (ouverture d’une fondation open source nommée Codeplex.org, accords avec Red Hat et Novell, mise à disposition de 20.000 lignes de code source sous licence GPL v2).

Il faut enfin noter qu'une étude de la fondation Linux affirme que 2,7 millions de lignes de code ont été ajoutées au kernel Linux depuis avril 2008, dont 70 % sont le fait d'entreprises privées. Les plus gros contributeurs sont ainsi Red Hat (12 % des changements), IBM (6,3 %), Novell (6,1 %), Intel (6 %) et Oracle (3,1 %), Google se trouvant très loin avec seulement 512 modifications. D’un côté, cela augmente le risque de procès pour violation de brevet, et de l’autre cela fait craindre des problèmes de stabilité à Linus Torvalds, qui souhaitait un kernel « léger et hyper efficace » au début du projet, et qu’il considère désormais « bouffi, énorme et effrayant », comme… Windows.

jeudi 13 août 2009

Microsoft Word est interdit de commercialisation aux USA ! (MAJ)

Voilà une situation pour le moins ironique, qui démontre une nouvelle fois le pouvoir de nuisance des brevets logiciels. Un juge d'appel texan, Leonard Davis, vient d'interdire la commercialisation et l'importation aux USA de toutes les versions de Microsoft Word permettant d'ouvrir un fichier XML (fichiers .xml, .docx ou .docm). Cette décision fait suite à la plainte de la société i4i, une entreprise basée à Toronto qui accuse l'éditeur américain d'avoir violé un brevet soumis en 1994 et accepté en 1998 (n° 5,787,449) et couvrant l'usage des mises en forme personnalisées autorisées par le XML. En effet, à l'époque, cette société commercialisait un petit logiciel permettant à Word de supporter le format XML, et avait choisi de le protéger en déposant un brevet. Microsoft ayant choisi de supporter le format XML dans les dernières versions de son logiciel, i4i a décidé de contre-attaquer en envoyant Microsoft devant un juge en 2007, ce qui avait abouti en mai dernier à la condamnation de l'éditeur,  qui avait alors fait appel. Le juge texan a donc confirmé le verdict de première instance, Microsoft est jugé coupable de violation de brevet et se voit infliger une amende de 290 millions de dollars pour dommages et intérêts.
Microsoft a 60 jours pour se conformer à l'injonction, mais il a bien évidemment annoncé son intention de faire appel de cette nouvelle condamnation. Nul doute qu’un accord financier entre Microsoft et i4i devrait aboutir avant l’échéance des 60 jours, pour permettre à l’éditeur de continuer à commercialiser Word.

Le plus amusant dans cette histoire est que Microsoft vient justement d'obtenir la validation d'un brevet similaire déposé en 2004 (n° 7,571,169) concernant les logiciels qui permettent de gérer "des documents stockés dans un fichier XML unique qui peut être manipulé par les applications comprenant le XML". Ce brevet est d’un avis général considéré comme abusif, car cela revient à verrouiller le marché des traitements de texte compatibles XML, on peut légitimement se demander comment l'USPTO peut accepter de telles inventions...

Mise à jour du 11/10/2009 : La situation s'éclaircit provisoirement pour Word. Après avoir eu l'autorisation de recourir à une procédure de recours accélérée, Microsoft a obtenu de la cour d'appel la mise en suspens de la condamnation pour lui permettre de défendre sa cause en procédure d'appel. On notera que dans le même temps, l'éditeur a réussi à faire annuler une précédente amende de 388 millions de dollars qui faisait suite à une plainte d'Uniloc pour violation d'un brevet sur la technologie d'activation présente dans Windows XP et Office XP.

lundi 10 août 2009

Quand Microsoft fait du zèle...

Le fameux « Ballot Screen » proposé par Microsoft pour régler définitivement les problèmes du choix du navigateur Internet avec Windows 7 semble soulever l'enthousiasme des autorités européennes. L'éditeur, étonné de cette réception si positive, semble désormais prêt à adopter cette méthode pour tous les problèmes à venir. Ainsi, il vient d'annoncer que la version européenne d'Office 2010 aura également son « Ballot Screen » dans la procédure d'installation, pour permettre de sélectionner les formats par défaut utilisés avec les logiciels de la suite bureautique (Office 97-2003, Office 2007, Open XML ou OpenDocument).
Autant il était logique de proposer le choix du navigateur au démarrage de Windows 7 au vu du problème de concurrence, autant la solution choisie cette fois par Microsoft semble pour le moins douteuse. En effet, depuis le Service Pack 2 d'Office 2007, il est déjà possible de choisir le format standard de fichiers. Or le souci n'est pas le format par défaut, mais la façon dont Office gère les formats alternatifs (l'implémentation d'OpenDocument dans Office 2007 est en effet très discutable au vu de ses limites). D'ailleurs, même le dernier format de Microsoft, l'OpenXML, connait des problèmes. Ainsi, les utilisateurs d'Office 2008 pour Mac ont découvert avec le Service Pack 2 qu'il leur était impossible d'ouvrir les fichiers utilisant ce format (un patch est en cours de déploiement). Il aurait été bien plus sain pour la concurrence sur le marché des suites bureautiques d'unifier les normes OpenXML et OpenDocument...

mardi 4 août 2009

Le secteur du jeu vidéo continue son plongeon dans un contexte de récession (MAJ)

Selon NPD, les ventes de jeu vidéo en magasin ont enregistré une baisse record (- 41 %) en juin dernier aux USA. Une telle chute n'avait pas été observée depuis septembre 2000. En revanche, les ventes online continuent d'exploser, avec + 97 % en un an pour Steam, + 73 % pour le Xbox Live et + 56 % pour Direct2Drive. En France, le secteur a reculé de 12 % au premier semestre 2009 par rapport à la même période en 2008.

Du côté des fabricants de consoles, la déprime perdure : Nintendo a vu fondre son bénéfice de 60,6 % pour atteindre 313,8 millions d'euros, tandis que Sony a une nouvelle fois enregistré une perte de 295,4 millions d'euros. Ces résultats calamiteux ont pour principales origines le désintérêt relatif des joueurs envers les consoles, et l'absence de titres phares sur cette période. Ainsi, la Wii ne s'est écoulée qu'à 2,23 millions d'exemplaires au dernier trimestre contre 5,17 millions sur la même période en 2008. Les ventes de la Nintendo DS ont reculé pour leur part de 14 % pour atteindre 5,97 millions d'euros pour ce trimestre. La chute est encore plus rude pour Sony : Côté hardware, 1,1 million de PS3 ont été écoulés ce trimestre contre 1,6 million un an plus tôt, et 1,3 million de PSP contre 3,7 millions sur la même période. La PS3 se vend au final moins bien que la PS2 (dont les ventes restent stables à 1,6 million d'exemplaires). Côté jeux, la situation est encore pire, avec 14,8 millions de jeux PS3 (contre 22,8 millions en 2008), 8,3 millions de jeux PSP (contre 11,8 millions) et 8,5 millions de jeux PS2 (contre 19,3 millions). De son côté, Microsoft pavoise puisque les ventes de Xbox 360 ont connu une légère croissance.

Chez les éditeurs, les mauvaises nouvelles se multiplient : - 41 % de vente de jeux pour console chez Sega, C.A. en baisse de 50 % et report de nombreux jeux chez Ubisoft (qui ne trouve comme seule excuse de ce mauvais chiffre le piratage sur PC et DS…), et fermeture de nombreux studios (Nucleosys, WideScreen Games, Madrics France et Blue Omega Entertainment pour les derniers). Pourtant, certains éditeurs arrivent à tirer leur épingle du jeu, c’est par exemple le cas de THQ (C.A. en hausse de 77 %). Et la consolidation du secteur continue : Midway Games a été racheté par Warner Bros, Square Enix s’est offert Eidos, Zenimax Media (qui détenait déjà Bethesda Softworks) a mis la main sur id Software, et Electronic Arts a fusionné BioWare et Mythic Entertainment.

Les éditeurs prévoient un retour à la croissance dès cet automne, avec l'arrivée de plusieurs blockbusters, de nouvelles consoles (PSP Go) et accessoires.

Mise à jour du 9 août 2009 : Les mauvaises nouvelles continuent de tomber : Konami vient de voir son chiffre d'affaires du premier semestre passer de 19,6 milliards de yens en 2008 à 9,8 milliards cette année, le nombre de jeux vendus aux USA est passé de 2,6 millions en 2008 à seulement 530.000 cette année ! En Europe, les ventes ont été réduites de moitié. Electronic Arts a annoncé une perte de 234 millions de dollars sur son premier trimestre fiscal alors que son chiffre d'affaires est passé de 804 à 644 millions de dollars en un an. Namco Bandai a vu au cours de son premier trimestre fiscal une chute de 15,8 % de son chiffre d'affaires, et a surtout enregistré une lourde perte de 2,8 milliards de yens (20,4 millions d'euros), et sa division jeu vidéo a vu son chiffre d'affaires divisé par 2. De son côté, Sega-Sammy accumule les mauvais chiffres : - 20 % de CA, - 41 % de ventes de jeux console, - 43 % de ventes de bornes d'arcade, le tout pour une perte de 10,2 milliards de yens (75 millions d'euros). Le studio Zoo Tycoon vient de se séparer de 15 collaborateurs, tandis que le Studio 2 d'Ascaron vient de fermer ses portes.
Mais tout n'est pas si noir, puisque l'éditeur Activision Blizzard pavoise en annonçant un bénéfice de 195 millions de dollars au second trimestre, contre 28 millions l'an dernier, alors que le chiffre d'affaires a dépassé ses objectifs à 1,038 milliard de dollars (dont un tiers rien que pour World of Warcraft). Enfin, Capcom se félicite de la croissance de 19,2 % de son chiffre d'affaires.

lundi 3 août 2009

Microsoft et Yahoo! parviennent enfin à un accord pour unir leurs forces contre Google (MAJ)

Après plusieurs mois de négociations infructueuses, le feuilleton Yahoo-Microsoft arrive enfin à son terme. Plutôt que d'envisager un rachat du premier par le second, les deux nouveaux partenaires ont préféré mettre en commun leurs moyens pour une durée de 10 ans afin de créer des synergies dans le but de partir à l'assaut de leur ennemi commun, Google.

Concrètement, comment cela va-t-il fonctionner ?
Dans un premier temps, Yahoo va apporter l’ensemble de ses technologies de recherche à Microsoft, afin d'enrichir Bing.com qui deviendra dès lors le moteur de recherche exclusif sur son portail. Cette phase devrait prendre 24 mois. Yahoo va également prendre en charge la gestion des annonceurs pour les 2 groupes, en intégrant la plateforme Microsoft AdCenter à sa régie publicitaire (en abandonnant donc sa plateforme Panama).

Yahoo estime que l'opération lui fera économiser 700 millions de dollars par an, d’autant que Microsoft l’indemnisera en partageant une partie de ses revenus, et en lui payant le coût d’acquisition du trafic sur une base de 88 % des revenus générés par les recherches sur le site de Yahoo sur une durée de 5 ans.  En outre, Microsoft va garantir les revenus de son partenaire pour les 18 premiers mois après l’intégration de Bing, et ceci dans tous les pays. Il faut noter qu’une information a fuité suite à une présentation de Microsoft, qui indique que l’éditeur table sur une perte de 300 millions de dollars pendant les 2 premières années, ainsi que sur des coûts de transition de 600 à 700 millions de dollars, avant de pouvoir générer à nouveau des profits.

Les 2 groupes précisent que la vie privée des internautes sera respectée par cet accord. Seules les données nécessaires au bon fonctionnement du moteur de recherche seront partagées, les informations confidentielles du profil des utilisateurs ne seront pas échangées. Chaque société continuera d’opérer ses différents services (e.mail, messagerie instantanée…) de manière indépendante.

Si pour les analystes le rapprochement des 2 sociétés est une bonne idée, la manière compliquée dont elle est effectuée laisse songeur. Un simple rachat de Yahoo aurait été nettement plus efficace... Et le résultat de l’alliance face à Google reste incertain. Par exemple, si les API de Yahoo comme SearchMonkey et BOSS (Build your Own Search Service) sont abandonnés (ce qui n’a pour le moment pas été confirmé), nul doute que les développeurs vont très vite se tourner vers ceux de Google…Rappelons également que l’audience du moteur Google est très élevée aux USA selon Comscore (65 % des recherches), loin devant Yahoo (19,6 %) et Bing (8,4 %). Et dans le reste du monde, Yahoo et Bing sont presque inexistants, puisque la part de marché de Google dépasse allègrement les 80 voire 90 % dans certains pays.

L’opération reste néanmoins une victoire pour Microsoft, qui met la main sur le flux de requêtes que génère Yahoo pour enrichir son moteur de recherche, sans pour cela avoir besoin de racheter la société. Quant à Yahoo, il ne lui reste plus rien à défendre, si ce n’est son activité de messagerie. Les actionnaires de Yahoo ne s’y sont pas trompés, puisque le cours de l’action a chuté de 12 % suite à l’annonce (il s’était déjà effondré de 52 % depuis le retrait de l’offre de rachat de Microsoft).

L’opération a été soumise aux autorités de régulation américaine et européenne, la réponse n’est pas attendue avant début 2010. Enfin, un site spécial a été mis en place pour l’occasion : http://www.choicevalueinnovation.com/

Mise à jour du 9 août 2009 : Quelques détails supplémentaires ont été dévoilés. Si Microsoft reversera 88 % des revenus publicitaires à Yahoo pendant 5 ans, cette part pourra augmenter pour passer à 90 % pendant les 5 années suivantes, voire même à 93 % su Microsoft souhaite récupérer l'exclusivité sur la vente de publicités sur ses propres sites. Néanmoins, si Yahoo ne veut pas céder l'exclusivité, le reversement chute à 83 %.
D'autre part, Microsoft va verser 50 millions de dollars par an pendant 3 ans pour couvrir les frais de la transition, et l'éditeur va récupérer 400 employés de Yahoo chargés du moteur de recherche. Enfin, plusieurs portes de sortie sont offertes à Yahoo, en particulier si le revenu moyen de recherche tombe sous un certain pourcentage de celui de Google, si leur part de marché cumulé chute ou si Microsoft cède son activité de recherche sur Internet.

vendredi 31 juillet 2009

Windows 7 : la version RTM est déjà compromise (MAJ)

Le piratage d'une nouvelle version de Windows est souvent très rapide, les hackers profitant de la longue phase de bêta-test pour trouver le moyen d'activer le logiciel en contournant les mécanismes de sécurité de Microsoft. Mais il est autrement plus délicat de réussir l'activation sans que l'astuce ne soit rapidement invalidée par Windows Genuine Advantage via Windows Update.

Pour Windows 7, Microsoft a toutefois pris le risque de reconduire le mécanisme d'activation de Vista, qui est pourtant très bien connu des pirates (seule la signature du bios a légèrement évolué avec la SLIC 2.1 intégrant le Windows Marker). Et ce qui devait arriver est arrivé : un groupe chinois a réussi à dérober une image OEM de Windows 7 destinée à Lenovo et en a extrait un certificat maitre (OEM-SLP Master Product Key). Grâce à lui, les pirates sont désormais en mesure de rendre « genuine » n'importe quelle version OEM de Windows 7 Ultimate, sans que Microsoft ne puisse y faire quoi que ce soit. Cette méthode est très identique à celle qui avait été utilisée pour contourner la protection WGA de Vista. Bien évidemment, la diffusion de la version pirate est désormais massive sur les réseaux P2P, et de nombreux petits logiciels ont fait leur apparition dans le but de simplifier l’activation illégale la version RTM du nouveau système.

Cette nouvelle affaire est-elle une déconvenue pour la firme de Redmond ? Apparemment non, un représentant de l’éditeur interrogé par Betanews s'est en effet félicité de l'engouement provoqué par le nouveau système : « Nous sommes heureux que les utilisateurs soient impatients de commencer à se servir de Windows 7 ». Il indique quand même que ces versions sont illégales et souvent dotées de malwares...
Voilà qui nous rappelle néanmoins les paroles de Bill Gates, qui avait affirmé il y a quelques années que « Quitte à ce que les gens piratent des logiciels, autant que ce soient les nôtres ».

Il faut rappeler que presque toutes les build de Windows 7 ont été publiées sur Internet, et la version RTM est même apparue plusieurs jours avant l'annonce officielle. De très nombreuses versions ont été diffusées depuis (version retail, OEM, kit de pré installation, packs de langues, versions 32 et 64 bits…). Et pourtant, Microsoft ne semble prendre aucune action pour limiter les fuites. Serait-il donc prêt à tout, et même à fermer les yeux sur le piratage, pour imposer Windows 7 et faire oublier Vista ?

Mise à jour du 2 août 2009 : Sans surprise, Microsoft a blacklisté la clé de Lenovo et va lui en fournir une nouvelle. Les activations pirates seront donc détectées par WGA. Néanmoins, rappelons que la procédure d'activation illégale s'effectue de manière offline et Windows est donc reconnu comme 'genuine' tant qu’il n'accède pas au service d'authentification.

Mise à jour du 9 août 2009 : La version RTM est désormais disponible pour les abonnés à TechNet, MSDN et Software Assurance (en version anglaise). https://msdn.microsoft.com/fr-fr/subscriptions/securedownloads/default.aspx
D'autre part, Microsoft a mis en ligne la version Release Candidate pour le "XP Mode" de Windows 7, permettant d'accéder en virtualisation (avec Virtual PC) à Windows XP SP3. Cette nouvelle version permet aux applications XP de supporter les Jump Lists de Windows 7, améliore la gestion des périphériques USB et intègre un didacticiel. Une version française est disponible. http://www.microsoft.com/windows/virtual-pc/download.aspx
Côté tarifs, Microsoft a dévoilé aux USA le prix du pack familial (3 Home Premium pour 149,99 $) et pour le Windows Anytime Upgrade (79,99 $ pour une migration de la version Starter à la version Home Premium, 89,99 $ pour la migration de la version Home Premium à la version professionnelle, et 139,99 $ pour la migration de la version Home Premium à la Ultimate). Pour le moment, seul le service Windows Anytime Upgrade a été confirmé pour la France. http://windowsteamblog.com/blogs/windows7/archive/2009/07/31/windows-anytime-upgrade-and-family-pack-pricing.aspx
Notez que le processus d'upgrade d'une version à l'autre de Windows 7 s'avère bien plus complexe que prévu (il sera par exemple impossible de mettre à jour un Windows 7 Home Premium vers un Windows 7 Professional). Il semble qu'il soit nécessaire de partir très souvent de zéro, un tableau détaillé de migration a donc été publié pour éclaircir la situation. http://mossblog.allthingsd.com/files/2009/08/windows-upgrade-chart.png
Enfin, le développement du futur Windows 8, qui est annoncé pour 2012, semble en bonne voie. L'éditeur est ainsi en train de recruter une équipe de testeurs sur ce projet. Il devrait s'agir d'une refonte bien plus poussée du système d'exploitation : « Pour la prochaine version de Windows nous retravaillerons des fonctionnalités essentielles notamment avec la prise en charge de grappes de serveurs et la réplication de données à sens unique. Nous reverrons également le noyau principal afin d'optimiser considérablement les performances. Aussi nous effectuerons bientôt des optimisations majeures pour Windows 8, au sein duquel nous intégrerons des fonctionnalités innovantes qui révolutionneront l'accès aux fichiers dans les filiales sur un serveur central ».

mercredi 15 juillet 2009

Google contre Microsoft : l’affrontement sera total en 2010

Depuis que Bill Gates avait annoncé qu’Internet n’avait pas d’avenir, Google avait compris qu’une voie était désormais tracée pour conquérir progressivement le terrain que Microsoft ne souhaitait pas investir. Quand Microsoft s’est rendu compte de sa bourde, il était déjà trop tard : Google venait de s’accaparer la place du moteur de recherche préféré des internautes, en raflant au passage la manne du marché publicitaire sur Internet. Depuis, Microsoft tente de reprendre des parts de marché, mais en vain. Il suffit de constater l’évolution du moteur de recherche de Microsoft, MSN, devenu Live Search puis dernièrement Bing, qui malgré ses qualités indéniables n’a réussi qu’à rassembler en juin que 8,23 % des internautes américains (contre 78,48 % pour Google et 11,04 % pour Yahoo). Notez que c’est quand même un peu plus que Live Search (environ 7,5 %), et que Bing.com se classe comme le 13ème site le plus fréquenté aux USA, alors que tous les services n’ont pas encore été lancés.

Mais Google a une vision bien plus large, puisqu’il espère, en s’appuyant sur ses services web, remplacer à terme Microsoft, pas moins. Ainsi sont apparus des services en ligne concurrents de Microsoft Office (Google Documents), un navigateur Internet (Google Chrome), et plus récemment un système d’exploitation pour mobile (Google Android) qui est en passe de concurrencer Windows Mobile. Il est temps désormais pour Google de s’attaquer au cœur de métier de Microsoft, c'est-à-dire à Windows. C’est sur son blog officiel que Google a dévoilé son nouveau projet, Google Chrome OS, un système d’exploitation destiné principalement aux netbooks, et qui sera disponible au second semestre 2010. Pour le moment, peu d’informations ont filtré sur ce système, qui semble être encore à l’état embryonnaire. Open source (basé sur Linux, le code source sera d’ailleurs publié fin 2009), il se veut léger, simple, doté d’une interface en mode fenêtrée et minimaliste, connecté mais sécurisé, et centré autour du navigateur Chrome pour s’appuyer sur des services en ligne : « Comme nous l'avons fait avec notre navigateur Google Chrome, nous revenons aux fondamentaux et repensons complètement l'architecture qui sous-tend l'ensemble du système, de façon à ce que les utilisateurs n'aient pas à se préoccuper des virus, des malwares ou de mises à jour de sécurité. Ça doit simplement fonctionner ». Le travail des développeurs sera simplifié puisque les applications en ligne existantes fonctionneront avec Chrome OS.
Compatible x86 et ARM, le système sera distinct d’Android (même si des composants communs sont envisagés). Rappelons que plusieurs constructeurs envisageaient d’utiliser Android sur les netbooks pour pallier les frais engendrés par Windows XP, c’est donc une des raisons pour laquelle Google semble anticiper cette annonce. Enfin, Google Chrome OS sera évidemment gratuit.
Et Google frappe fort, en dévoilant les noms des fabricants qui le soutiennent : Acer, Adobe, Asus, HP, Lenovo, Qualcomm, Texas Instruments, et Freescale. Mais le partenaire le plus étonnant n’a pas été cité par Google : c’est en effet Intel lui-même qui l’a dévoilé : « Nous travaillons avec Google sur différents projets, ainsi que sur des éléments relatifs à celui-ci. Nous avons été informés de ce projet il y a quelque temps ». En outre, alors qu’Intel travaille sur son propre système d’exploitation léger, Moblin, plusieurs fabricants affirment qu’Intel serait en pourparlers avec Google pour développer des MID avec ses systèmes d’exploitation. De quoi faire exploser le couple « Wintel » ?
Il est clair que la fenêtre de lancement est une véritable opportunité pour Google. Au top de la popularité, face à un Microsoft très critiqué, un Windows Vista contesté et un futur Windows 7 non encore adopté par les entreprises, Google a une vraie carte à jouer.

Et Microsoft dans tout ça ? Et bien ce dernier ne se démonte pas. Confiant sur l’adoption de Windows 7, déjà annoncé comme un futur succès, l’éditeur va une nouvelle fois tenter de faire vaciller Google en l’affrontant sur son propre terrain, celui des services en ligne. Et Microsoft frappe fort également : il annonce sur son blog que la version en ligne d’Office 2010 (comprenant Word, Excel, Powerpoint et Onenote), Office Web Applications 2010, sera disponible au premier semestre 2010, et sera… gratuite ! Bien évidemment, la contrepartie sera une limitation des fonctionnalités (même si cette suite restera plus puissante que Google Documents) et une restriction du travail collaboratif à Word. Elle fonctionnera sous Windows et MacOS X, avec Internet Explorer, Safari et Firefox. Elle devrait vraisemblablement fonctionner également sous Linux, ce qui est une première pour Microsoft. Deux autres versions en ligne, destinées aux entreprises et plus complètes, sont également prévues mais seront payantes (sous la forme d’un contrat annuel ou d’un abonnement). Une version pour smartphone est également annoncée, sous le nom Mobile 2010, qui reposera sur le cloud computing. Avec cette force de frappe, Microsoft va évidemment en profiter pour rediriger les internautes vers son moteur de recherche et ses autres services en ligne. 2010 risque d’être le théâtre d’une bataille très agitée entre les deux géants…

mardi 14 juillet 2009

Microsoft lance déjà les soldes sur Windows 7 (MAJ 4)

Microsoft a dévoilé les tarifs de son futur système d’exploitation. 4 phases ont ainsi été définies.

- Depuis le 26 juin dernier, et jusqu’au 31 janvier 2010, tous les acheteurs de PC dotés de Windows Vista ou les acheteurs de la version boite de Vista (uniquement pour les versions Familiale Premium, Professionnelle et Intégrale) pourront bénéficier gratuitement de Windows 7 dès sa sortie le 22 octobre prochain (hormis les frais de port et les éventuels frais de traitement). http://www.microsoft.com/france/windows/7/acheter/mise-a-niveau-windows-7.aspx

- La seconde phase est inédite puisqu’il s’agit d’une opération promotionnelle qui débute ce 15 juillet pour s’achever le 14 août prochain. Il va être possible de précommander Windows 7 édition Familiale Premium et Windows 7 édition Professionnelle, respectivement au prix public conseillé de 49,99 € et 109,99 € (ce qui plutôt bon marché pour des systèmes d’exploitation Microsoft complets hors version OEM). Cette offre est toutefois limitée à 3 commandes par foyer, et limitée dans toute la France à seulement… 76.000 exemplaires (Microsoft explique en effet vouloir récompenser les bêta-testeurs français… alors que les bêta-testeurs américains obtiennent le logiciel gratuitement). L’opération devrait vraisemblablement s’arrêter bien avant la date prévue, dès l’épuisement des stocks (une telle opération s’est ainsi achevée en quelques heures au Japon). Notez au passage que les boites de Windows 7 contiendront les versions 32 et 64 bits, et ne seront disponibles que le 22 octobre.
Les précommandes seront possibles sur le Microsoft Store, ainsi que sur des sites partenaires (RueDuCommerce, LDLC, Pixmania, Fnac, Surcouf, Amazon, Materiel.net, CDiscount et Grosbill). http://www.microsoft.com/france/windows/7/acheter/pre-commande-windows-7.aspx 

- La troisième phase démarrera le 22 octobre prochain pour s’achever fin décembre. Les prix de lancement des versions Familiale Premium, Professionnelle et Intégrale ont ainsi été fixés à respectivement 119,99 €, 285 € et 299 €.

- Enfin, à partir de 2010, ces mêmes versions seront commercialisées respectivement à 199,99 €, 309 € et 319 €. Par rapport à Windows Vista, seule la version Familiale Premium est moins chère de 80 €, les autres restant aux mêmes tarifs. On remarquera au passage que Microsoft continue de gonfler ses tarifs en Europe, puisque les prix des licences y sont de 40 à 100 % plus élevés qu’aux USA.

Certains revendeurs américains ont déjà affiché un pack familial de Windows 7 (contenant 3 licences), référencé à 136,95 $.

Notez que suite aux menaces de la Commission européenne, les versions commercialisées en Europe seront les versions « Windows 7 E », donc dépourvues d’Internet Explorer 8 (il faudra donc se procurer auparavant un navigateur Internet, car il sera difficile d’en télécharger un sans navigateur intégré…). C’est d’ailleurs pour cette raison que Microsoft ne proposera pas de version mise à jour de Windows 7 en Europe pour le lancement, alignant donc le prix des versions complètes de ceux des mises à jour.

Au passage, une nouvelle build de Windows 7 vient de faire son apparition sur Internet. La build 7600 serait, selon les premières rumeurs, la RTM, ce qui laisse augurer d’une annonce lors de la Microsoft Worldwide Partner Conference de la Nouvelle-Orléans qui vient de débuter et qui s’achèvera le 16 juillet prochain.
Pour les récents possesseurs de netbooks, dotés de Windows XP (et qui ne peuvent donc bénéficier de la garantie technologique de Microsoft pour obtenir Windows 7 gratuitement), notez que Microsoft réfléchirait à la possibilité de commercialiser Windows 7 sur une clé USB.

Côté entreprises, malgré les retours positifs qui accompagnent la version release candidate du système, les directeurs informatiques restent sceptiques. Ainsi, selon une étude de Script Logic, environ  60 % d’entre eux n’ont aucune intention de migrer vers Windows 7. Seuls 5,4 % l’envisagent dès cette année, alors que 34 % envisage une mise à jour d’ici fin 2010. Or, fin 2010, un nouveau système d’exploitation made in Google sera disponible… ce qui sera l’objet d’un prochain article.

Mise à jour du 14 juillet 2009 : Microsoft vient d'expliquer sur le blog de Windows 7 que la version RTM sera annoncée durant la seconde quinzaine de juillet, le temps de finaliser l'ensemble des traductions du système. http://windowsteamblog.com/blogs/windows7/archive/2009/07/13/update-on-windows-7-rtm.aspx

Mise à jour du 15 juillet 2009 : Seul Amazon a finalement proposé dès minuit la pré-réservation de Windows 7. Inutile de dire que le stock disponible a été écoulé en quelques dizaines de minutes seulement. De son côté, le Microsoft Store n'a même pas réussi à proposer le moindre exemplaire, puisqu'il est tombé en panne dès minuit et ceci pendant plusieurs heures. Mais le meilleur reste encore Materiel.net, qui avait ouvert par erreur les réservations dès le 26 juin dernier, et qui a donc placé les pré-commandes déjà enregistrées en attente de confirmation...

Mise à jour du 16 juillet 2009 : Sans surprise, la pénurie organisée par Microsoft a fait son effet : les sites de vente en ligne qui ont ouvert les réservations au cours de la journée du 15 juillet ont été littéralement dévalisés en quelques minutes. La pénurie a été quasi-totale au bout de 24 heures. Au moment où j'écris cet article, on ne trouve plus en ligne que quelques exemplaires de l'édition Professionnelle sur le Microsoft Store (qui est resté saturé une grande partie de la journée, ce qui semble très curieux pour un éditeur de logiciels serveurs...), et quelques exemplaires des deux versions sur le site de Carrefour Online, qui devraient rapidement disparaitre. Si vous désirez encore réserver un exemplaire, il semble que l'on en trouve toujours dans les grandes surfaces et les chaines de magasins spécialisés, qui sont listées sur le site de Microsoft (lien ci-dessus).

Mise à jour du 26 juillet 2009 : Voici 3 informations supplémentaires pour compléter cet article :
- Pré-commande : Tous les exemplaires n'ont pas encore été écoulés, les sites remettant régulièrement en ligne une poignée d'exemplaires suite à des annulations de commandes. En outre, le site de Conforama semble encore posséder un stock de coupons. D'autre part, il semble qu'il n'y a pas eu la ruée dans les boutiques, où l'on trouve toujours des coupons de réservation.
- Windows 7 est officiellement RTM : Il s'agit de la build 7600.16385, compilée le 13 juillet dernier. Déjà disponible pour les OEM, elle sera mise en ligne pour les clients MSDN et Technet le 6 août prochain en version anglaise (puis le 7 août pour les clients Software Assurance, le 16 août pour les membres du Partner Program Gold, le 23 août pour les clients Microsoft Action Pack, et le 1er septembre pour les autres clients de licence en volume). Les packs de langues sont attendus pour le 1er octobre. Enfin, le grand public devra patienter jusqu'au lancement commercial, le 22 octobre prochain. Bien évidemment, cette version circule déjà sur les réseaux P2P... Notez que Windows Server 2008 R2 a également obtenu le statut RTM.
- Windows 7 proposera le choix du navigateur Internet : Ultime surprise, Microsoft a finalement cédé devant la Commission Européenne. L'éditeur a en effet accepté la proposition d'Opera, c'est-à-dire l'affichage d'un « Brower Ballot », un écran de sélection du navigateur. Les navigateurs proposés devront répondre à 3 contraintes : avoir une part de marché d'au moins 0,5 % en Europe, être dans le top 10 des navigateurs en Europe, et être encore supporté par son éditeur. Ce sont donc 5 navigateurs qui seront proposés : Internet Explorer, Chrome, Firefox, Opera et Safari. En cas de choix différent d'Internet Explorer, le navigateur de Microsoft sera désactivé et l'utilisateur sera dirigé vers le téléchargement du navigateur alternatif. Enfin, l'écran de sélection devrait être mis à jour tous les 6 mois suite à l'étude d'un cabinet d'analystes indépendant choisi par Microsoft et la Commission. L'écran sera intégré via Windows Update aux éditions européennes de Windows XP, Vista et 7. Si l'enquête de la Commission se poursuit, celle-ci a déjà accueilli favorablement la nouvelle proposition de Microsoft. http://www.microsoft.com/presspass/press/2009/jul09/07-24statement.mspx

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