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Tag - P2P

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mardi 25 novembre 2008

Le Ministère de la Culture fait la promotion d'un site pirate

Incroyable découverte sur le site de propagande jaimelesartistes.fr du Ministère de la Culture : après avoir omis de nombreuses offres (dont iTunes), le site a ajouté quelques nouvelles offres légales, dont celle du site telechargements-films.com (logo à l'appui), offrant plusieurs services VOD (musique, cinéma et jeux selon le ministère). Or il se trouve que ce site n'a absolument rien de légal et est en réalité une arnaque, puisqu'il propose le téléchargement du client peer-to-peer LimeWire pour 27 € (ou suivant plusieurs formules d'abonnement, alors que ce logiciel est en réalité gratuit) et suggère ensuite d'utiliser le site de liens BitTorrent mininova.org pour trouver des films (évidemment piratés) !

Devant cette nouvelle catastrophe médiatique, le ministère de la Culture a rapidement fait le ménage en supprimant le site incriminé de son annuaire, et en publiant un communiqué expliquant qu'il s'était fait avoir par un site utilisant un nom trompeur, alors qu'il voulait faire la promotion d'un autre site légal. Un argument peu convaincant, puisque le site en question ne propose en réalité aucune offre... Manque de chance, le ministère s'est une nouvelle fois trompé, puisqu'il invite les internautes à se rendre à l'adresse téléchargement-films.com, alors que la bonne adresse est en fait telechargement-films.com (les accents sont de trop).

mardi 23 septembre 2008

Les sites de liens P2P espagnols sont légaux

La justice espagnole avait estimé en octobre 2007 que les administrateurs du site de liens eDonkey Sharemula.com n'étaient pas responsables (au sens pénal) de la publication de liens eDonkey vers des versions pirates de films, jeux ou de la musique. Bien évidemment, les nombreux plaignants (Promusicae, Columbia Tristar, Walt Disney, 20th Century Fox, Universal Pictures, Sony Pictures, Tristar, MGM, Paramount, Time Warner, New Line...) ont fait appel de la décision... qui vient toutefois d'être définitivement confirmée par la Cour d'appel de Madrid. La Cour s'est basée sur 2 faits : le site n'héberge aucun fichier contrefait, et ne permet pas de savoir si les fichiers en question sont partagés (les liens sont de type URI - Uniform Resource Identifier - donc ne permettent que d'identifier un contenu et non pas sa localisation). La décision est contestable, car Sharemula a un rôle actif dans le classement des liens en rubriques, et exploite ces liens pour amasser de l'argent grâce aux publicités affichées sur le site. En attendant, peut-être que The Pirate Bay vient de trouver un nouveau pays pour y placer ses serveurs...

jeudi 11 septembre 2008

P2P : nouvelle condamnation, nouvelle relaxe

Les procès se suivent mais ne se ressemblent pas dans le domaine du peer-to-peer.

Aux USA, le huitième et dernier administrateur du portail Elite Torrents qui attendait le verdict de la justice, Daniel Dove (26 ans), a été condamné à 18 mois de prison, 20.000 $ d'amendes, et 3 ans de mise à l'épreuve. Elite Torrents s'est rendu célèbre pour avoir diffusé via son tracker BitTorrent une version pirate du film Star Wars Episode III, juste avant la sortie du film. Daniel Dove avait été reconnu pour être un des uploaders de contenus, c'est donc à ce titre qu'il a été condamné.

En Allemagne, la justice a tranché cette fois contre les ayants droit. Warner Music Group avait porté plainte contre un serveur eDonkey en juin 2007 après y avoir identifié une compilation de 17 chansons dont elle possède les droits. Or, le juge a fait remarquer que dès qu'il a été contacté par la maison de disque, l'administrateur du serveur a montré sa bonne foi en plaçant un filtre sur certains mots clés pour empêcher de trouver l'album. Néanmoins, Warner avait par la suite trouvé un second CD avec d'autres mots clés, ce qui a déclenché la plainte. Or le tribunal vient de la rejeter, car il estime que l'administrateur du serveur n'est pas responsable de la diffusion de contenus piratés, puisque les fichiers ne sont pas hébergés sur son serveur. Mieux, afin de respecter la neutralité du réseau, il doit se contenter de placer des filtres sur les mots clés communiqués par les ayants droit, car la loi allemande n'a pas prévu de responsabiliser les administrateurs de serveurs, qui n'ont donc pas à être proactifs sur le filtrage. Une décision qui pourrait donc faire jurisprudence...

jeudi 10 avril 2008

Filtrage des réseaux P2P : le rapport que le SNEP préférait ne pas diffuser

En octobre 2007, le SNEP (Syndicat national de l’édition phonographique) avait demandé au gouvernement d’imposer aux FAI le filtrage des réseaux P2P. Dans son livre blanc sur le piratage (voir édition 358 de la newsletter), le SNEP affirmait s’appuyer sur une étude de faisabilité technique pour prouver que cette solution était possible… tout en refusant d’en publier le moindre résultat.

C’est finalement le site Internet Evolution, qui avait co-financé avec le SNEP cette étude commandée à l’European Advanced Networking Test Center (EANTC), qui en a publié quelques pages. http://www.internetevolution.com/document.asp?doc_id=148803
Tout d’abord, l’EANTC avait fait appel à 28 vendeurs de solutions de filtrage P2P. Mais devant la tâche à accomplir, seuls 5 ont accepté de soumettre leurs produits à un ensemble de tests. Et au vu des résultats apparemment catastrophiques, seuls 2 d’entre eux en ont accepté la publication : l'Américain Arbor/Ellacoya et l'Allemand Ipoque. La campagne de test s’est déroulée sur 6 mois, entre avril et octobre 2007. Les produits ont été exploités dans des conditions proches de la réalité (250.000 paquets IP à analyser par seconde, jusqu’à 6.200.000 sessions simultanées, plus de 60.000 clients IP simulés, flux HTTP/FTP/POP3/SMTP/RTP, et avec comme cible 10 protocoles P2P (eDonkey, BitTorrent, iMesh, DirectConnect, FileTopia, FastTrack, Gnutella, Manolito M2PP, Soulseek et WinMX) exploités par 13 clients P2P différents.

Les conclusions de l’étude sont les suivantes :
- Le trafic P2P généré par BitTorrent et eDonkey (qui représente 90 % du trafic P2P dans le monde) est bien détecté. En revanche, les autres protocoles, moins populaires, sont plus ou moins ignorés (entre 0 et 7 % de détection pour WinMX et SoulSeek par exemple, contre entre 82 et 97 % pour eDonkey et BitTorrent). Une multiplication des clients et des réseaux rendrait donc le filtrage inutile.
- Pire, quand le brouillage de protocole est activé dans ces logiciels (ce qui est de plus en plus le cas), le taux de détection chute massivement. S’il tombe entre 0 et 54 % pour BitTorrent avec l’encryption RC4 (flux complet), il passe à 0 % pour eDonkey qui se contente pourtant d’un simple cryptage de header ! Du côté de Freenet, qui exploite un cryptage AES, il n’y a pas photo : aucun logiciel n’est capable de détecter un tel flux. Encore une pierre gênante dans le jardin des solutions de filtrage…
- Enfin, les routeurs qui constituent le cœur de la solution de filtrage, avec une configuration fine et optimisée (qui serait apparemment très difficile à obtenir au vu de la complexité du trafic Internet à filtrer), permettent de conserver une bande passante bidirectionnelle d’environ 950 Mbits/s, sans perte de paquet, avec un temps de latence supplémentaire compris entre 8 et 24 µs. En revanche, dès qu’un incident intervient sur un routeur (coupure de courant, reboot…), les temps de réponse deviennent inacceptables, et risquent de provoquer un effondrement du réseau et des VPN du FAI. Et il ne s’agit que des résultats des 2 compétiteurs connus…

En conclusion, et au vu du (piètre) résultat des compétiteurs anonymes, l’EANTC recommande aux FAI qui souhaiteraient mettre en œuvre un filtrage de bien évaluer les logiciels proposés, en termes de fonctionnalités, de puissance de traitement, d’adaptation à leur architecture et de fiabilité, sous peine de mettre en péril la bande passante et les temps de réponse des connexions de leurs clients. On comprend donc pourquoi le SNEP préférait ne pas communiquer sur le sujet…