La plainte d'Intel contre nVidia pour violation de sa propriété intellectuelle concernant le bus QPI des processeurs Nehalem semble avoir eu son effet : nVidia vient ainsi d'annoncer l'arrêt de tout investissement et donc de tout développement de nouveaux produits dans sa division chipset.
La plainte faisait suite à l'annonce en août dernier d'un futur chipset nForce MCP99 pour les processeurs Nehalem (Core i5 et Core  i7) début 2010, annonce qui était une véritable provocation, puisqu’Intel avait dénoncé dès février dernier l'accord de licence le liant à nVidia depuis 2004, qui permettait à ce dernier de fabriquer des chipsets pour les processeurs Core 2 Duo et Atom, tandis qu'Intel obtenait en échange le droit d'exploiter les brevets de son concurrent pour ses solutions graphiques. NVidia considérait que cet accord lui permettait de créer des chipsets pour les Nehalem, ce que réfutait Intel qui avait choisi dès lors de saisir la justice. Visiblement, nVidia ne semble désormais plus très confiant sur l'issue du procès, et préfère jouer la prudence. Mais cette décision risque de peser lourdement sur ses comptes, car certains clients importants tels qu'Apple risquent de fuir vers la concurrence (en particulier lors de la disponibilité du chipset Arrandale d'Intel, prévu début 2010). Notez que l'activité chipset de nVidia représente actuellement environ 30 % de son chiffre d'affaires.

Dans le même temps, nVidia a annoncé l'abandon de sa gamme de chipsets pour plateforme AMD, devant le volume ridicule de ventes de ces modèles, et ceci à cause d'une demande jugée trop faible (pourtant, le chipset MCP61 pour AMD reste l'une des plus grosses réussites de sa gamme en terme de ventes). Par ailleurs, AMD l'empêche - tout comme Intel - de commercialiser des chipsets pour les nouvelles générations de processeurs.

Si la société perd son procès face à Intel, va-t-on assister à la fin de la gamme nForce ? Non répond nVidia, car la firme connait un succès avec sa plateforme Ion pour Atom (chipset MCP79) et ses chipsets pour portable (GeForce 9400M). NVidia promet même « d'impressionnantes innovations » pour les plateformes Atom et Core 2. Mais cette déclaration cache difficile l’embarras du constructeur pour le futur. Les conséquences de l’abandon du support des futurs CPU pourraient être bien plus grandes que prévu. Par exemple, comment réussir à imposer une technologie telle que le SLI sans pouvoir maitriser la plateforme ? Et surtout, comment concurrencer Intel et AMD sur le marché des solutions graphiques intégrées aux chipsets et prochainement aux processeurs ?