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dimanche 9 août 2009

Skype est-il au bord du précipice ?

Le rachat du logiciel de VoIP Skype par eBay en octobre 2005 pour 2,6 milliards de dollars avait été à l’époque jugé par les analystes comme très exorbitant. 4 ans plus tard, c'est une confirmation. Au vu des résultats décevants et de l'échec de l'intégration du logiciel au sein de ses services, eBay songe déjà à se séparer de sa petite pépite, dont les 480 millions de membres arrivent néanmoins à générer 120 millions d'euros de chiffre d'affaires trimestriel (qui est même en croissance constante). Ebay avait l'intention de se séparer de sa filiale puis de l'introduire en bourse courant 2010, mais ce scénario risque d'être remis en cause dans les mois qui viennent par un imprévu, qui pourrait aboutir à la disparition pure et simple de Skype, ni plus ni moins.

Lorsqu’eBay a racheté Skype, il a omis de racheter la société Joltid qui a conçu le protocole de communication P2P (nommé Global Index P2P) sur lequel s'appuie le logiciel. En conséquence, eBay paye une licence d'exploitation annuelle pour utiliser cette technologie. Ebay a néanmoins embauché un des cofondateurs de Skype, Niklas Zennström, mais celui-ci a été congédié en 2007, et n'a reçu comme compensation qu'un tiers de son earn-out (la somme qu'il devait normalement recevoir suite à la vente de Skype). Revenu à la tête de Joltid, Zennström semble désormais vouloir se venger d'eBay.

Dans un premier temps, Zennström et son compère Janus Friis ont tenté de racheté Skype avec le soutien de plusieurs fonds d’investissement (dont Atomico Ventures, qui regroupe les fondateurs de Skype) mais eBay a jugé le prix proposé nettement insuffisant. De son côté, eBay a tenté de s'approprier la technologie de Joltid, en saisissant la justice britannique en mars dernier, car il estime être en désaccord avec les termes du contrat de licence, et souhaite donc supprimer  (ou a minima réduire) les frais. En représailles, Joltid a changé de stratégie : il vient en effet d'attaquer en justice le site de vente aux enchères, en l'accusant d'avoir non seulement dévoilé le code de son logiciel sans en avoir le droit au cours de plusieurs affaires légales, mais d’avoir également apporté illégalement des modifications au code de son logiciel. Joltid menace donc de mettre fin à l'accord de licence, ce qui tuerait instantanément Skype.

En catastrophe, eBay a donc pris la décision de stopper les paiements à Joltid et de débuter le développement d'un nouveau moteur P2P, mais rien ne dit que ce projet aboutira dans les temps, et il est certain que ses fonctionnalités et son niveau de qualité seront inférieurs au moteur de Joltid. Le procès doit débuter en juin 2010.

jeudi 30 juillet 2009

Hollywood tente d'achever The Pirate Bay (MAJ)

L'industrie du cinéma a remporté une grande victoire en réussissant à faire condamner les administrateurs de Pirate Bay à 1 an de prison ferme et à une amende de 2,7 millions d'euros. Mais, sans surprise, elle compte bien ne pas en rester là et veut profiter du fait que le site soit devenu vulnérable pour le faire disparaître à tout jamais.
Plusieurs studios, dont Disney, Universal, Warner Bros et Columbia Pictures, viennent à nouveau de porter plainte auprès de la cour de justice de Stockholm contre les quatre responsables du site et l'opérateur Black Internet qui gère sa bande passante. Ils sont accusés de continuer leurs activités illégales malgré la condamnation, comme l'atteste une liste de 100 films et séries sous copyright encore indexés par le site. Les studios demandent donc à la justice de faire cesser ces actes de contrefaçon sous peine de lourdes amendes. Cette nouvelle attaque risque d'effrayer les actionnaires de Global Gaming Factory X AB (GGF X AB) et de donc de provoquer l'annulation de la vente du site à ce dernier.

Toutefois, la vente risque de capoter bien avant cette échéance. En effet, selon Wayne Rosso, l’ancien PDG de Grokster qui a été engagé par GGF comme consultant dans le cadre de l’opération de rachat, la société n'aurait tout simplement pas la capacité de lever suffisamment de fonds pour se payer le site pirate. Les poursuites lancées contre lui par l’association Stichting Brein dès l’annonce de l’opération et l’enquête sur un possible délit d’initié y seraient pour beaucoup. De fausses promesses auraient été faites, en particulier l’hypothétique soutien d’un label musical. GGF, qui avait indiqué être en négociations avec les principales majors afin de trouver un business model légal, aurait échoué à trouver la moindre solution. Il ne s'agirait finalement que d'un coup marketing, et c’est pourquoi The Pirate Bay a lancé un ultimatum à GGF, lui demandant de lui apporter sous une semaine la preuve de l’engagement d’investisseurs. A défaut, et c'est vraisemblablement l'issue la plus probable, la vente sera tout simplement annulée.

Mise à jour du 2 août 2009 : Le feuilleton continue. Global Game Factory X a publié un communiqué qui affirme qu'un groupe d'investisseurs va injecter 30 millions de couronnes suédoises dans l'opération de rachat. La transaction est donc confirmée, GGF versera donc également 30 millions de couronnes suédoises sous forme d'actions, soit un total de près de 5,5 millions d'euros. L'opération devrait être finalisée le 27 août prochain. GGF a par ailleurs révélé que John Fanning (l'ancien patron de Napster), et Napster lui-même ont proposé d'investir dans l'opération de rachat (ce qui a été refusé).
Mais pendant ce temps, l'association de défense des droits d'auteur Stichting Brein a obtenu de la justice néerlandaise l'obligation pour le site suédois d'interdire l'accès aux internautes des Pays-Bas pour une durée de 2 mois (le temps que la Brein entame une autre procédure sur le fond), sous peine d'astreinte journalière de 30.000 € avec un plafond fixé à 3 millions d'euros. D'autres procédures sont en cours contre The Pirate Bay, comme en Italie avec une nouvelle attaque en justice de la FPM (Federation against Musical Piracy) et de la FIMI (Federazione Industria Musicale Italiana).

Mise à jour du 9 août 2009 : Voici les derniers épisodes du feuilleton de l'été.
Peter Sunde, cofondateur de The Pirate Bay, a annoncé qu'il avait décidé d'abandonner son rôle de porte-parole du site, pour se concentrer sur d'autres projets, dont l'écriture de livres. Il aura le temps, puisqu'il avait été condamné en avril 2009 à un an de prison et une très forte amende...
De son côté, Hans Pendaya, le PDG de GGF, continue les annonces tonitruantes. Il vient ainsi d'annoncer qu'un contrat devrait être signé entre The Pirate Bay et une des 4 grandes majors du disque (EMI, Universal Music, Sony Music ou Warner Music). En outre, l'opération de rachat du site pourrait être inscrit au NASDAQ.
Du côté du procès néerlandais, c'est un nouveau rebondissement : le nouvel avocat du site, Ernst-Jan Louwers de la société Louwers IP|Technology Advocaten, a réussi à convaincre l'organisation Stichting Brein de mettre un statu quo sur le blocage du site tant qu'une décision n'était pas prononcée par la cour d'appel (la décision de première instance avait été très critiquée, car les trois défendeurs n'étaient pas présents à l'audience, parce qu'ils n'avaient été mis au courant que très tardivement). Les internautes néerlandais pourront donc encore accéder au site. Et l'avocat pense que la cour d'appel renversera la décision car The Pirate Bay est détenue par Reservella, une obscure société basée aux Seychelles, à qui les 3 administrateurs ont judicieusement confié l'avenir du site en 2006... N'étant pas propriétaires, ils ont donc (en théorie) peu de chances d'être condamnés.
Enfin, la décentralisation de The Pirate Bay continue. Après le tracker OpenBitTorrent, voici qu'un service de stockage de fichiers torrent vient d'apparaitre. Nommé Torrage, il est bien évidemment dénué de moteur de recherche, de fonctions communautaires ou même de service d'indexation. Pour accéder à un fichier, la valeur de l'info_hash doit être connue. Les fichiers sont supprimés après 6 mois d'inactivité. Comme pour OpenBitTorrent, le site précise que les adresses IP ne sont pas sauvegardées, et que le nom original du torrent n'est pas conservé. On peut noter que les sites Suprnova et EZTV utilisent déjà les services de Torrage via l'API fourni par le site.

mercredi 10 juin 2009

Coup d’arrêt pour le site pirate SnowTigers

SnowTigers Les administrateurs français du site warez semi-privé SnowTigers, qui est l’un des plus importants trackers BitTorrent (1969ème site le plus visité au monde selon Netcraft), ont été interpellés en région parisienne et à Toulouse suite a une plainte de l’Alpa (Association de lutte contre le piratage audiovisuel). 21 serveurs et des supports de sauvegarde des bases SQL du site ont été saisis en France, toutefois la majorité des serveurs du site se situent en dehors du pays (Pays-Bas et Canada principalement) et auraient été depuis vidés de leurs contenus. L’Alpa estime qu’il s’agit d’une « organisation clairement criminelle [...] qui a engrangé plusieurs centaines de milliers d'euros » (une estimation néanmoins contestée). Le site, qui était accessible uniquement sur invitation, possédait en effet plus de 143.000 membres actifs, et proposait des films, logiciels, jeux et musiques piratés. L’Alpa menace désormais les utilisateurs de ce site de représailles, en particulier ceux ayant fait des dons via Paypal ainsi que « les très gros utilisateurs ». D’autres sites pourraient être inquiétés, en France et à l’étranger, car SnowTigers était en relation avec plusieurs réseaux warez dans le monde entier.

Les 10 personnes interpellées risquent de lourdes sanctions. Pour preuve, dans une autre affaire, l’administrateur français du site Torrentnews.net vient d’être condamné à 4 mois de prison avec sursis, 16.000 € de dommages et intérêts, 1.500 € d’amendes au bénéfice de la Sacem pour préjudice moral, et la publication à sa charge de la condamnation dans un journal à hauteur de 2.000 €. Bien qu’il n’hébergeait pas de contenus, le tribunal a considéré qu’il était éditeur (au sens de la loi LCEN) d’un forum de liens, et donc responsable des messages et des liens postés. Il aurait décidé de faire appel.

Mise à jour du 14 juin 2009 : Les enquêteurs ont dévoilé qu'ils avaient saisi entre 40 et 50 téraoctets de données sur des serveurs en France, aux USA, au Canada et aux Pays-Bas, avant que le contenu de ces serveurs ait été effacé. Il y aurait eu au maximum 250.000 utilisateurs sur une durée de 2 ans.

samedi 25 avril 2009

Le feuilleton The Pirate Bay : le juge pris en flagrant délit de conflit d’intérêt

Voila un nouveau rebondissement totalement inattendu du procès opposant les industries culturelles au site The Pirate Bay. La radio publique suédoise Sveriges Radio a en effet dévoilé que le juge Tomas Norström, qui a prononcé la peine d'un an d'emprisonnement contre les administrateurs du site, est membre de plusieurs organisations de protection du droit d’auteur. Il appartient ainsi au conseil d’administration de l’Association Suédoise pour la Protection de la Propriété Intellectuelle (Svenska föreningen för industriellt rättsskydd), et est surtout membre de l’Association Suédoise du Droit d'Auteur (Svenska föreningen för upphovsrätt), aux côtés des représentants des industries culturelles Henrik Pontén (responsable de l’association antipiratage Antipiratbyrån), Peter Danowsky (IFPI) et Monique Wadsted (avocate de plusieurs ayants droit, et en outre collègue du juge au sein du registrar Fondation .SE), qui ont constitué l’accusation durant tout le procès ! Pire, dans un courrier de 2001 envoyé et retrouvé par la défense, cette association préconisait au gouvernement de renforcer la transposition d’une directive en droit national en n’accordant pas le bénéfice de l'exemption de responsabilité aux intermédiaires techniques qui « font la promotion en tant qu'intermédiaire d'un service dont la nature est susceptible de transférer ce qui constitue des contenus [contrefaits] »… Voilà qui place le juge dans une position délicate, alors qu’il affirme que son « point de vue n'a pas été influencé par [son] investissement auprès des groupes de protection des droits d'auteur ». Il a ainsi assuré qu’à « chaque fois que je prends une affaire, je m'interroge pour savoir si mon point de vue est orienté. Ca n'a pas été le cas dans cette affaire ». Des propos qui sont déjà mis en doute, puisque plusieurs juges affirment qu’ils n'auraient pas pris l'affaire dans ces circonstances, pour respecter un minimum d’éthique. En outre, il faut savoir que juste avant le procès, un juré avait été exclu pour des raisons similaires (il était compositeur musical). Difficile de croire que le juge n’aurait pas pu s’appliquer une même décision.

Cette découverte jette donc un voile trouble sur les coulisses de ce médiatique procès, qui s’ajoute à d’autres faits plus que gênants, comme la pression exercée par les autorités américaines pour faire fermer le site, ou encore la découverte que l’un des principaux enquêteurs était employé par Warner Bros, sans oublier la fuite du verdict avant même son annonce officielle. Autant que points qui pourraient entraîner la nullité du jugement. Les avocats des administrateurs de The Pirate Bay ont évidemment saisi l’occasion, et viennent de demander une révision du procès.

vendredi 17 avril 2009

Les administrateurs de The Pirate Bay sont condamnés à 1 an de prison ferme (MAJ)

Comme promis, NewsLetterOnline.net revient en ligne. En attendant de replonger dans le feuilleton Hadopi, penchons-nous sur une autre information sur le piratage qui fait décidément la une de l’actualité.
C’est via le service de microblogging Twitter que Peter Sunde, l’un des créateurs du controversé The Pirate Bay, l’un des plus importants trackers BitTorrent au monde avec 22 millions d’utilisateurs, a annoncé (avant même le verdict) que le site avait perdu son procès contre les industries culturelles (ironisant sur l’existence d’une fuite sur le jugement, identique à ce qui se passe dans l’industrie cinématographique). Ainsi, les 3 fondateurs (Gottfrid Svartholm, 24 ans, Peter Sunde, 30 ans, et Fredrik Neij, 30 ans) ainsi que l’investisseur Carl Lundstrom, 48 ans, ont été lourdement condamnés à 1 an de prison ferme. Ils sont en outre condamnés collectivement à verser 30 millions de couronnes suédoises (2,7 millions d’euros) aux principales majors (Warner Bros, Sony Music, EMI et Columbia), ce qui représente un tiers de ce que ces derniers réclamaient. Si l'on en croit l'accusation, les 4 condamnés ne devraient pas avoir beaucoup de difficultés à payer cette somme puisque lors du procès, elle avait indiqué que The Pirate Bay générait 1,2 million de dollars de bénéfices par an. Toutefois, les 4 suédois ont indiqué que l’argent tiré des ventes d'espaces publicitaires était utilisé pour couvrir la maintenance du site (et non pour en tirer profit). Ils ont bien évidemment déjà annoncé leur intention de faire appel. Ils appellent de plus les internautes au calme, en expliquant que le site ne fermera pas (ils avaient déjà menacé de délocaliser les serveurs hors de Suède en cas de défaite). Peter Sunde indique ainsi sur son compte Twitter que « rien ne va arriver à The Pirate Bay, à nous personnellement ou au partage de fichiers - C'est juste un théâtre pour les médias ». Ils tentaient, en vain, d’expliquer aux juges que leur site n’hébergeait aucun fichier illégal, comparant The Pirate Bay à un moteur de recherche, donc un simple intermédiaire technique. Le tribunal de Stockholm ne semble donc pas les avoir suivis sur ce terrain, ayant choisi de les condamner pour complicité de violation de la loi sur les droits d’auteur. Ce jugement faire suite au durcissement de la législation suédoise, le parlement du pays ayant récemment adopté  un texte contre le téléchargement de contenus protégés sur Internet. Cette loi, entrée en vigueur le 1er avril dernier, transpose la directive européenne sur le renforcement des droits de propriété intellectuelle. http://thepiratebay.org/blog
Sans surprise, de leur côté, les industries culturelles crient victoire, cette bataille étant pour elles symbolique dans leur lutte contre le piratage sur Internet ( http://www.ifpi.org/content/section_news/20090417.html ). Selon John Kennedy, le président de l'IFPI, « le procès des opérateurs de The Pirate Bay portait sur la défense des droits des créateurs, la confirmation de l'illégalité de ce genre de services et la création d'un environnement honnête pour des services musicaux légaux qui respectent les droits de la communauté des créateurs, c'est une bonne nouvelle pour tous ceux qui, en Suède et même dans le monde, vivent grâce à une activité créatrice et  doivent maintenant savoir que leurs droits sont protégés par la loi ». The Pirate Bay avait l’habitude de tourner en dérision leur lutte contre le piratage, et avait même récemment annoncé un service nommé IPREDator, permettant d’anonymiser le partage de fichiers. Il faut néanmoins rappeler que le procès ne devrait avoir aucun impact sur le piratage sur Internet…

Mise à jour du 20 avril 2009 : Conséquence immédiate de la condamnation des créateurs du site The Pirate Bay : le Parti Pirate de Suède (Piratpartiet) a vu son nombre de membres augmenter de 3000 en seulement 7 heures après le verdict, portant le nombre total d’adhérents à 17.799. Et après le week-end, ce nombre a dépassé les 34.000, faisant donc de Piratpartiet la quatrième force politique de Suède, doublant le Parti Liberal, après avoir dépassé le parti Ecologiste et le Parti de Gauche, et menaçant désormais le Parti Centriste. En outre, il devient le parti suédois rassemblant le plus de jeunes. D’ailleurs, selon un sondage réalisé en décembre dernier, 21 % des Suédois se déclarent prêts à voter pour le Parti Pirate aux élections européennes du 7 juin prochain. Notez enfin que le Parti a organisé après la condamnation de The Pirate Bay une manifestation dans les rues de Stockholm pour défendre le site, réunissant ainsi plusieurs centaines de partisans. Dans le même temps, le site de l'IFPI subissait une nouvelle attaque de type DDoS...
D’autre part, les forces de l’ordre ayant restitué les serveurs du site, saisis lors de la perquisition de 2006, l’un d’entre eux a été acheté par le Musée national de Suède de Science et Technologie pour la modique somme de 2000 couronnes (185 €), pour la placer dans une section du musée dédiée aux inventions ayant apporté une révolution dans le quotidien des hommes (ce qui ne devrait pas faire rire les industries culturelles…).
Pour finir, le procès pourrait connaitre un rebondissement inattendu, suite à la fuite concernant la décision de justice avant même le verdict des juges. Une enquête va en effet être menée par la police, sur demande du tribunal d’instance, avec le risque d’entrainer la nullité du jugement.

Mise à jour du 3 mai 2009 : Le Piratpartiet est en passe de devenir le troisième parti de Suède en terme de nombre d'adhérents, avec 42626 membres contre 43211 pour le Centre. Mieux : selon un sondage, le parti Pirate recueillerait 5,1 % des intentions de vote aux élections européennes du 7 juin, ce qui lui permettrait d'obtenir un siège au Parlement. Outre la condamnation de The Pirate Bay, la popularité soudaine de ce parti s'explique également par l'adoption de la loi antipiratage IPRED (Intellectual Property Rights Enforcement Directive), qui impose aux FAI de divulguer aux ayants droit les données de trafic et l'identité des internautes à partir d'une adresse IP sur simple demande. Suite à la mise en place de cette loi, le trafic Internet avait chuté en Suède de 30 à 50 % dès le premier jour (il reste toutefois équivalent au trafic d'il y a un an). C'est pourquoi The Pirate Bay avait annoncé son fameux service IPREDator (voir ci-dessus). Mais les FAI voient d'un mauvais oeil cette nouvelle obligation. Ainsi, 3 d'entre eux (Tele2, All Tele et Bahnhof) ont annoncé qu'ils supprimeraient désormais toutes les traces de connexion de leurs clients pour faire échec à cette loi, une attitude condamnée par l'IFPI.

mardi 23 septembre 2008

Les sites de liens P2P espagnols sont légaux

La justice espagnole avait estimé en octobre 2007 que les administrateurs du site de liens eDonkey Sharemula.com n'étaient pas responsables (au sens pénal) de la publication de liens eDonkey vers des versions pirates de films, jeux ou de la musique. Bien évidemment, les nombreux plaignants (Promusicae, Columbia Tristar, Walt Disney, 20th Century Fox, Universal Pictures, Sony Pictures, Tristar, MGM, Paramount, Time Warner, New Line...) ont fait appel de la décision... qui vient toutefois d'être définitivement confirmée par la Cour d'appel de Madrid. La Cour s'est basée sur 2 faits : le site n'héberge aucun fichier contrefait, et ne permet pas de savoir si les fichiers en question sont partagés (les liens sont de type URI - Uniform Resource Identifier - donc ne permettent que d'identifier un contenu et non pas sa localisation). La décision est contestable, car Sharemula a un rôle actif dans le classement des liens en rubriques, et exploite ces liens pour amasser de l'argent grâce aux publicités affichées sur le site. En attendant, peut-être que The Pirate Bay vient de trouver un nouveau pays pour y placer ses serveurs...

mardi 24 juin 2008

La cour de cassation valide le filtrage du site AAARGH

Après 3 ans de procédure, la justice a définitivement validé le principe de filtrage des sites Internet. La cour de cassation vient en effet de rejeter le pourvoi de l'AFA (Association des fournisseurs d'accès) dans le cadre de l'affaire du site révisionniste Aaargh (Association des anciens amateurs de récits de guerre et d'holocauste), dont la justice avait ordonné le blocage par tous les FAI français suite à une procédure engagée par des associations antiracistes, qui faisaient appel à la loi LCEN. Les FAI avaient contesté cette décision, en indiquant que les directives européennes obligeaient les juges à s'attaquer en priorité aux hébergeurs avant d'imposer des mesures techniques aux FAI, en soulignant que la mesure prise était parfaitement inefficace, et également disproportionnée puisque le blocage n'est pas limité dans le temps. Mais selon la Cour de cassation, la loi permet que l ’on exige d'un FAI « toutes mesures propres à prévenir ou à faire cesser un dommage occasionné par le contenu d’un service de communication au public en ligne », et « la prescription de ces mesures n'est pas subordonnée à la mise en cause préalable des prestataires d'hébergement » qui sont, eux, responsables des contenus. Enfin, « c'est à bon droit que la cour d'appel qui n'a méconnu ni le principe de proportionnalité, ni le caractère provisoire des mesures précitées a statué comme elle l'a fait ». Voilà donc une décision qui satisfera tous ceux qui sont partisans du filtrage du web.
Il n'en reste pas moins que l'efficacité de la mesure est toute relative, puisqu'une simple recherche dans Google permet de vérifier que le site est parfaitement accessible via les très nombreux sites miroirs mis en place...

mercredi 30 avril 2008

Un don d'ordinateurs qui tourne au cauchemar...

Le diocèse de Kolba, au Sénégal, a porté plainte auprès du tribunal de Nanterre pour « tromperie sur la marchandise », « mise en danger de la vie d'autrui » et « transfert illicite de déchets », après avoir reçu un don d’une centaine d'ordinateurs de la part de la société française VSH (une société de nettoyage). Le matériel, qui a coûté au diocèse pas moins de 14.000 € de frais de transport plus une surtaxe à la douane (et qui l’a ruiné au passage), s’est en effet révélé être un amoncellement de déchets informatiques (vieux PC sans mémoire ni disque dur, imprimantes détruites, minitels…),  qui avaient été confiés par la Société Générale à VSH à des fins de destruction et de recyclage… De son côté, la société VSH plaide la bonne foi, en indiquant qu’elle avait prévenu que le matériel devait être remis en état.  Interrogée par l’AFP, Annie Bouctot, responsable de l’assocation Kassoumaye Provence qui travaille avec le diocèse de Kolda, a répondu : « la société VSH nous a dit qu'il faudrait réviser le matériel à l'arrivée. Mais entre réviser du matériel et envoyer des ordinateurs sans disques durs... il y a un monde ».