PiratPartiet Les sondages le pressentaient, et les faits l’ont confirmé. La popularité du PiratPartiet est devenue si forte après la condamnation du site The Pirate Bay en avril dernier et l’adoption de la loi IPRED que les électeurs suédois l’ont plébiscité lors de l’élection européenne du 7 juin dernier. Il a en effet recueilli 215.000 voix soit 7,1 % des suffrages (ce qui le place en cinquième position), ce qui est immense pour un si petit parti (il n’avait fait que 0,6 % en 2006), et qui est dû en particulier à la mobilisation des jeunes (19 % des électeurs entre 18 et 30 ans ont voté pour ce parti, ce qui le place en première position sur cette tranche d’âge). En conséquence, son leader Christian Engström va devenir député européen. Un second député devrait même entrer au Parlement, conformément au traité de Lisbonne (si celui-ci entre en application au 1er janvier 2010).

Le programme de PiratPartiet est clair : légalisation de l’échange de fichiers sur Internet, renforcement de la vie privée en interdisant tout contrôle sur le net, suppression des brevets et réforme du droit d’auteur. Avec si peu d’élus, le parti pirate suédois n’a pour le moment rien à espérer, mais il a toutefois l’avantage de replacer le thème des échanges sur Internet au centre des débats politiques.

Il n’y a pas qu’en Suède où le parti pirate fait parler de lui. En Allemagne, le Piratenpartei (le parti pirate local) a réussi à rassembler 0,9 % des voix, ce qui ne lui permet certes pas d’obtenir un élu, mais qui lui permet en revanche de bénéficier d’un financement public. Enfin, notez que le parti pirate français vient d’être officiellement adoubé par PPI (Pirate Party International), et peut désormais présenter des candidats aux élections. http://partipirate.org/

Mise à jour du 14 juin 2009 : PiratPartiet a dénoncé une fraude électorale. Dans plusieurs bureaux de vote (en particulier à Oxelösund) les bulletins de vote du parti pirate ont été placés à l'écart des bulletins des autres formations politiques. Une vidéo a été diffusée, montrant ainsi la présidente de la commission électorale plaçant volontairement les bulletins loin de ceux des partis traditionnels. Une plainte a été déposée.