Selon NPD, les ventes de jeu vidéo en magasin ont enregistré une baisse record (- 41 %) en juin dernier aux USA. Une telle chute n'avait pas été observée depuis septembre 2000. En revanche, les ventes online continuent d'exploser, avec + 97 % en un an pour Steam, + 73 % pour le Xbox Live et + 56 % pour Direct2Drive. En France, le secteur a reculé de 12 % au premier semestre 2009 par rapport à la même période en 2008.

Du côté des fabricants de consoles, la déprime perdure : Nintendo a vu fondre son bénéfice de 60,6 % pour atteindre 313,8 millions d'euros, tandis que Sony a une nouvelle fois enregistré une perte de 295,4 millions d'euros. Ces résultats calamiteux ont pour principales origines le désintérêt relatif des joueurs envers les consoles, et l'absence de titres phares sur cette période. Ainsi, la Wii ne s'est écoulée qu'à 2,23 millions d'exemplaires au dernier trimestre contre 5,17 millions sur la même période en 2008. Les ventes de la Nintendo DS ont reculé pour leur part de 14 % pour atteindre 5,97 millions d'euros pour ce trimestre. La chute est encore plus rude pour Sony : Côté hardware, 1,1 million de PS3 ont été écoulés ce trimestre contre 1,6 million un an plus tôt, et 1,3 million de PSP contre 3,7 millions sur la même période. La PS3 se vend au final moins bien que la PS2 (dont les ventes restent stables à 1,6 million d'exemplaires). Côté jeux, la situation est encore pire, avec 14,8 millions de jeux PS3 (contre 22,8 millions en 2008), 8,3 millions de jeux PSP (contre 11,8 millions) et 8,5 millions de jeux PS2 (contre 19,3 millions). De son côté, Microsoft pavoise puisque les ventes de Xbox 360 ont connu une légère croissance.

Chez les éditeurs, les mauvaises nouvelles se multiplient : - 41 % de vente de jeux pour console chez Sega, C.A. en baisse de 50 % et report de nombreux jeux chez Ubisoft (qui ne trouve comme seule excuse de ce mauvais chiffre le piratage sur PC et DS…), et fermeture de nombreux studios (Nucleosys, WideScreen Games, Madrics France et Blue Omega Entertainment pour les derniers). Pourtant, certains éditeurs arrivent à tirer leur épingle du jeu, c’est par exemple le cas de THQ (C.A. en hausse de 77 %). Et la consolidation du secteur continue : Midway Games a été racheté par Warner Bros, Square Enix s’est offert Eidos, Zenimax Media (qui détenait déjà Bethesda Softworks) a mis la main sur id Software, et Electronic Arts a fusionné BioWare et Mythic Entertainment.

Les éditeurs prévoient un retour à la croissance dès cet automne, avec l'arrivée de plusieurs blockbusters, de nouvelles consoles (PSP Go) et accessoires.

Mise à jour du 9 août 2009 : Les mauvaises nouvelles continuent de tomber : Konami vient de voir son chiffre d'affaires du premier semestre passer de 19,6 milliards de yens en 2008 à 9,8 milliards cette année, le nombre de jeux vendus aux USA est passé de 2,6 millions en 2008 à seulement 530.000 cette année ! En Europe, les ventes ont été réduites de moitié. Electronic Arts a annoncé une perte de 234 millions de dollars sur son premier trimestre fiscal alors que son chiffre d'affaires est passé de 804 à 644 millions de dollars en un an. Namco Bandai a vu au cours de son premier trimestre fiscal une chute de 15,8 % de son chiffre d'affaires, et a surtout enregistré une lourde perte de 2,8 milliards de yens (20,4 millions d'euros), et sa division jeu vidéo a vu son chiffre d'affaires divisé par 2. De son côté, Sega-Sammy accumule les mauvais chiffres : - 20 % de CA, - 41 % de ventes de jeux console, - 43 % de ventes de bornes d'arcade, le tout pour une perte de 10,2 milliards de yens (75 millions d'euros). Le studio Zoo Tycoon vient de se séparer de 15 collaborateurs, tandis que le Studio 2 d'Ascaron vient de fermer ses portes.
Mais tout n'est pas si noir, puisque l'éditeur Activision Blizzard pavoise en annonçant un bénéfice de 195 millions de dollars au second trimestre, contre 28 millions l'an dernier, alors que le chiffre d'affaires a dépassé ses objectifs à 1,038 milliard de dollars (dont un tiers rien que pour World of Warcraft). Enfin, Capcom se félicite de la croissance de 19,2 % de son chiffre d'affaires.