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samedi 13 juin 2009

Microsoft va lancer le beta-test de Morro, un antivirus gratuit

Live OneCareMicrosoft n’en est pas à son coup d’essai. Après avoir ajouté un antispyware limité dans Windows, après avoir testé la commercialisation d’un antivirus (Live OneCare) avec toutefois des résultats mitigés (il ne sera d’ailleurs plus commercialisé à partir du 30 juin prochain), Microsoft se prépare à une nouvelle offensive sur le marché de la sécurité. L’éditeur va en effet lancer prochainement le beta-test d’un antivirus gratuit, dont le nom de code est Morro. Basé sur la technologie de ForeFront et développé par l’équipe de Windows Client, le logiciel est actuellement en cours d’évaluation par les employés de Microsoft, et sera capable de combattre les virus, les spywares, les rootkits et les chevaux de Troie. Bien évidemment, cela risque fort de poser problème aux éditeurs d’antivirus actuels tels que Symantec et McAfee, mais ces derniers se disent confiants. Ainsi, selon Janice Chaffin, la présidente du département Symantec Consumer, « la solution gratuite de Microsoft n'est rien de plus qu'une version simplifiée du produit OneCare qu'ils ont retiré des rayons ». Même message du côté du porte-parole de McAfee, « nous restons confiants dans notre capacité à concurrencer n'importe quel acteur qui entrerait sur le marché ».

Morro n’est toutefois pas le seul problème de Symantec et de McAfee. Les 2 éditeurs viennent en effet d’être condamnés à 375.000 $ d’amendes chacun après une négociation avec le bureau du procureur général de New York. Les 2 éditeurs ont en effet été reconnus coupables de reconduire les contrats de leurs clients (abonnement aux mises à jour antivirus) sans leur consentement. Ils devront également clarifier les conditions de renouvellement automatique et simplifier les démarches de désabonnement. Ainsi, les clients seront désormais prévenus par email du renouvellement automatique, et auront la possibilité de se faire rembourser dans les 60 jours suivants la date de renouvellement.

Mise à jour du 14 juin 2009 : Il faut noter que Symantec a déjà mis en ligne une page pour combattre les antivirus gratuits... http://www.symantec.com/fr/fr/norton/theme.jsp?themeid=freeware

mercredi 27 mai 2009

LOPSI 2 : une nouvelle loi sécuritaire pour Internet

Après la DADVSI et l’Hadopi, le gouvernement va proposer une nouvelle loi pour combattre la cybercriminalité : la LOPPSI ou LOPSI2 (seconde loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure).  Le projet est cette fois piloté par le ministère de l’Intérieur, et est doté d’un budget conséquent : 2,5 milliards d’euros pour la période 2009-2013. Et comme pour les précédentes lois de ce type, les critiques fusent de toutes parts.

La première controverse concerne la légalisation de l’utilisation de mouchards électroniques par les forces de l’ordre pour lutter contre le crime organisé (uniquement dans les affaires de terrorisme, pédophilie, meurtre, torture, trafic d'armes et de stupéfiants, enlèvement, séquestration, proxénétisme, extorsion, fausse monnaie, blanchiment et aide à l'entrée et séjour d'un étranger). Le texte autoriserait ainsi l’usage de chevaux de Troie, qui permettraient « sans le consentement des intéressés, d'accéder à des données informatiques, de les observer, les collecter, les enregistrer, les conserver et les transmettre, telles qu'elles s'affichent pour l'utilisateur ou telles qu'il les y introduit par saisie de caractère ». Leur installation serait effectuée soit sur place avec introduction d’une « clé de connexion » (clé USB ou carte interne) dans l’ordinateur du suspect pendant son absence (avec l’aide d’un serrurier), soit grâce à une perquisition à distance en effectuant un piratage de la machine. Ils seraient installés pour une période de 4 mois, renouvelable une seule fois sur accord d’un juge. Reste à savoir si les forces de l’ordre auront les compétences nécessaires pour réaliser une telle opération sans se faire repérer... On peut également se demander si les éditeurs de logiciels antivirus s’interdiront de référencer ces spywares. Enfin, il faut également noter que plusieurs lieux sont protégés d’une telle pratique : ce sont les cabinets d'avocats, de notaires, d'huissiers, de médecins et des entreprises de presse, ainsi que les domiciles des magistrats, avocats et parlementaires.

Autre article polémique, la LOPSI2 autorisera la création d’un super fichier « d’analyse sérielle » nomme Périclès qui croisera les données de plusieurs fichiers comme STIC ou JUDEX (qui ne sont pas vraiment renommés pour la fiabilité de leurs données et sur la léicité de leur contenu...) et enrichit avec de nombreuses données à caractère personnel (on peut citer les numéros de cartes grises et de permis de conduire, les numéros IMEI pour les téléphones portables, diverses factures...). En outre, la collecte de ces données serait automatique et ne serait donc pas effectuée au cours d’une enquête judiciaire, contrairement à ce que le texte d’origine prévoyait. Enfin, ce fichier ne concerne que les infractions punies d’au moins 5 ans d’emprisonnement, et son usage sera contrôlé par un « juge référent ».

Mais l’article qui fait sans aucun doute le plus parler est celui concernant la mise en place d’un système de filtrage chez les FAI, dans le but d’interdire aux internautes l’accès a des sites web ne respectant pas la législation française, en particulier ceux relevant de la pédopornographie. Le texte précise que la loi va « imposer aux fournisseurs d’accès à Internet l’obligation d’empêcher sans délai l’accès aux contenus illicites dont les adresses électroniques sont désignées par arrêté du ministre de l’Intérieur sous peine d’un an d’emprisonnement et de 75.000 euros d’amende ». Rappelons que l’intérêt de ces filtres est très faible puisque leur contournement est relativement aisé, même pour des novices en informatique... En outre, l’existence d’une blacklist (ici gérée par le ministère de l’Intérieur) et l’absence de contrôle judiciaire génèrent irrémédiablement des soupçons de tentative de censure, et pire, les fuites potentielles de cette liste (car diffusée à de nombreux intervenants) ont de grandes chances d’aboutir à la publication de celle-ci sur un site étranger (c’est par exemple la spécialité du site Wikileaks, qui a publié la liste des sites bloqués au Danemark, en Thaïlande, en Finlande, en Australie et en Norvège). On peut remarquer que pour alimenter la blacklist, le projet de loi français prévoit en particulier l’utilisation de crawlers pour fouiller le web à la recherche de ces pages douteuses (en espérant que le gouvernement n’envisage pas une automatisation de la procédure de filtrage...). En outre, les FAI ne seraient pas les seuls concernés par cette blacklist. Le texte prévoit en effet que les fabricants de matériels connectés pourraient également être dans l’obligation d’installer un module de filtrage dans leurs appareils.
Il va sans dire que les ayants droit sont particulièrement intéressés par cet article, car si les FAI peuvent bloquer les sites pédopornographiques, pourquoi ne pourraient-ils pas bloquer les sites violant les droits d’auteur…

Enfin, le texte permettrait de créer un délit d'usurpation d'identité sur Internet, et aurait également comme objectif d’arriver à géolocaliser les internautes.
Parmi les autres mesures envisagées, le gouvernement songe à la lecture automatisée des plaques d'immatriculation par vidéosurveillance, la confiscation automatique du véhicule ou l’installation d’un dispositif antidémarrage par éthylotest dans certains cas, la modernisation des fichiers d'empreintes génétiques et digitales, la simplification des formalités pour installer des équipements de surveillance vidéo, et l'enregistrement vidéo des gardes à vue. Le texte définitif sera présenté ce mercredi au Conseil des ministres.

mercredi 23 juillet 2008

La dangerosité de la faille DNS passe à l'état critique suite à une gaffe

L'absence d'informations précises sur la vulnérabilité de type des serveurs DNS (DNS cache poisoning) pousse de nombreux chercheurs à spéculer sur le sujet, en attendant la divulgation des détails techniques que devraient faire Dan Kaminsky de IOActive le 6 août prochain à la conférence Black Hat (ce qui, au passage, constituera le point d'orgue d'une campagne marketing parfaitement orchestrée, ironisent certains experts en sécurité).
En particulier, Halver Flake, PDG de Zynamics et spécialiste en reverse engineering, a publié sur le blog ADD/XOR/ROL une série d'hypothèses sur le sujet. Or, un chercheur de la société Matasano Security, au courant des détails de la faille, n'a pas pu se retenir, et a confirmé sur le blog de la société que Flake avait deviné en partie la solution (en indiquant les corrections à y apporter pour la compléter), ajoutant donc du crédit à une possible méthode d'exploitation de cette faille. Le post en question a rapidement été supprimé, mais malheureusement trop tard, l'information a déjà été diffusée, et il y a fort à parier que des exploits dérivés de cette fuite vont très rapidement être mis à disposition de tous les hackers de la planète. Dan Kaminsky, le découvreur de la faille, a résumé la situation sur son blog : « Patch. Today. Now. Yes, stay late. Yes, forward to OpenDNS if you have to ». Un test a été mis à disposition sur son site et sur dnsstuff.com pour vérifier si votre DNS est vulnérable ou non.

mercredi 23 avril 2008

Une faille 0-day est présente dans toutes les versions de Windows

Microsoft a publié un bulletin d’alerte ( http://www.microsoft.com/technet/security/advisory/951306.mspx ) suite à la découverte d’une vulnérabilité 0-day touchant Windows XP, Vista, Server 2003 et Server 2008, qui permettrait à un utilisateur authentifié d’exploiter une faille des composants IIS/SQL Server pour obtenir une élévation de ses droits. La faille est très importante, puisque si un exploit est publié (et cet exploit existerait déjà), de nombreux sites web seront touchés. En cas de crise, Microsoft pourrait publier en urgence un patch, avant la prochaine mise à jour de sécurité prévue le 13 mai prochain.

mardi 11 mars 2008

L’exploit Firewire est dans la nature

En 2006, Adam Boileau, un chercheur néo-zélandais de la société Immunity, avait dévoilé à la conférence Ruxcon un logiciel permettant de prendre le contrôle d’un PC Windows en exploitant une faille de l’interface Firewire. Nommé Winlockpwn, ce programme exploite une spécification de la norme OHCI-1394 du bus en question, qui permet d’avoir un accès direct à la mémoire. C’est d’ailleurs pourquoi le même exploit a été reproduit avec des PC fonctionnant sous Linux et MacOS X. Devant l’inertie des éditeurs de systèmes d’exploitation depuis 2 ans, le chercheur a décidé de publier son logiciel. Microsoft n’a pas encore réagi... http://www.storm.net.nz/projects/16