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mercredi 27 mai 2009

LOPSI 2 : une nouvelle loi sécuritaire pour Internet

Après la DADVSI et l’Hadopi, le gouvernement va proposer une nouvelle loi pour combattre la cybercriminalité : la LOPPSI ou LOPSI2 (seconde loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure).  Le projet est cette fois piloté par le ministère de l’Intérieur, et est doté d’un budget conséquent : 2,5 milliards d’euros pour la période 2009-2013. Et comme pour les précédentes lois de ce type, les critiques fusent de toutes parts.

La première controverse concerne la légalisation de l’utilisation de mouchards électroniques par les forces de l’ordre pour lutter contre le crime organisé (uniquement dans les affaires de terrorisme, pédophilie, meurtre, torture, trafic d'armes et de stupéfiants, enlèvement, séquestration, proxénétisme, extorsion, fausse monnaie, blanchiment et aide à l'entrée et séjour d'un étranger). Le texte autoriserait ainsi l’usage de chevaux de Troie, qui permettraient « sans le consentement des intéressés, d'accéder à des données informatiques, de les observer, les collecter, les enregistrer, les conserver et les transmettre, telles qu'elles s'affichent pour l'utilisateur ou telles qu'il les y introduit par saisie de caractère ». Leur installation serait effectuée soit sur place avec introduction d’une « clé de connexion » (clé USB ou carte interne) dans l’ordinateur du suspect pendant son absence (avec l’aide d’un serrurier), soit grâce à une perquisition à distance en effectuant un piratage de la machine. Ils seraient installés pour une période de 4 mois, renouvelable une seule fois sur accord d’un juge. Reste à savoir si les forces de l’ordre auront les compétences nécessaires pour réaliser une telle opération sans se faire repérer... On peut également se demander si les éditeurs de logiciels antivirus s’interdiront de référencer ces spywares. Enfin, il faut également noter que plusieurs lieux sont protégés d’une telle pratique : ce sont les cabinets d'avocats, de notaires, d'huissiers, de médecins et des entreprises de presse, ainsi que les domiciles des magistrats, avocats et parlementaires.

Autre article polémique, la LOPSI2 autorisera la création d’un super fichier « d’analyse sérielle » nomme Périclès qui croisera les données de plusieurs fichiers comme STIC ou JUDEX (qui ne sont pas vraiment renommés pour la fiabilité de leurs données et sur la léicité de leur contenu...) et enrichit avec de nombreuses données à caractère personnel (on peut citer les numéros de cartes grises et de permis de conduire, les numéros IMEI pour les téléphones portables, diverses factures...). En outre, la collecte de ces données serait automatique et ne serait donc pas effectuée au cours d’une enquête judiciaire, contrairement à ce que le texte d’origine prévoyait. Enfin, ce fichier ne concerne que les infractions punies d’au moins 5 ans d’emprisonnement, et son usage sera contrôlé par un « juge référent ».

Mais l’article qui fait sans aucun doute le plus parler est celui concernant la mise en place d’un système de filtrage chez les FAI, dans le but d’interdire aux internautes l’accès a des sites web ne respectant pas la législation française, en particulier ceux relevant de la pédopornographie. Le texte précise que la loi va « imposer aux fournisseurs d’accès à Internet l’obligation d’empêcher sans délai l’accès aux contenus illicites dont les adresses électroniques sont désignées par arrêté du ministre de l’Intérieur sous peine d’un an d’emprisonnement et de 75.000 euros d’amende ». Rappelons que l’intérêt de ces filtres est très faible puisque leur contournement est relativement aisé, même pour des novices en informatique... En outre, l’existence d’une blacklist (ici gérée par le ministère de l’Intérieur) et l’absence de contrôle judiciaire génèrent irrémédiablement des soupçons de tentative de censure, et pire, les fuites potentielles de cette liste (car diffusée à de nombreux intervenants) ont de grandes chances d’aboutir à la publication de celle-ci sur un site étranger (c’est par exemple la spécialité du site Wikileaks, qui a publié la liste des sites bloqués au Danemark, en Thaïlande, en Finlande, en Australie et en Norvège). On peut remarquer que pour alimenter la blacklist, le projet de loi français prévoit en particulier l’utilisation de crawlers pour fouiller le web à la recherche de ces pages douteuses (en espérant que le gouvernement n’envisage pas une automatisation de la procédure de filtrage...). En outre, les FAI ne seraient pas les seuls concernés par cette blacklist. Le texte prévoit en effet que les fabricants de matériels connectés pourraient également être dans l’obligation d’installer un module de filtrage dans leurs appareils.
Il va sans dire que les ayants droit sont particulièrement intéressés par cet article, car si les FAI peuvent bloquer les sites pédopornographiques, pourquoi ne pourraient-ils pas bloquer les sites violant les droits d’auteur…

Enfin, le texte permettrait de créer un délit d'usurpation d'identité sur Internet, et aurait également comme objectif d’arriver à géolocaliser les internautes.
Parmi les autres mesures envisagées, le gouvernement songe à la lecture automatisée des plaques d'immatriculation par vidéosurveillance, la confiscation automatique du véhicule ou l’installation d’un dispositif antidémarrage par éthylotest dans certains cas, la modernisation des fichiers d'empreintes génétiques et digitales, la simplification des formalités pour installer des équipements de surveillance vidéo, et l'enregistrement vidéo des gardes à vue. Le texte définitif sera présenté ce mercredi au Conseil des ministres.

mercredi 10 septembre 2008

Google réduit la durée de rétention de ses logs à 9 mois

Sous la pression des autorités européennes, Google a annoncé qu'il avait une nouvelle fois modifié sa politique en matière de rétention des données personnelles des utilisateurs, en anonymisant les requêtes au bout de 9 mois contre 18 mois auparavant (alors que l'Union européenne réclame un délai de 6 mois). Mais Google prévient que cette modification est la dernière : réduire la durée en dessous des 9 mois pourrait réduire la qualité des résultats de son moteur de recherche. Selon Niels Provos, responsable du département de sécurité de Google, l'analyse du trafic permet en effet d'identifier les sites suspects : « nous analysons les données à la recherche d'anomalies ou d'indices qui puissent suggérer la présence de malwares ou d'attaques de phishing au sein de nos résultats de recherche ou d'attaque sur nos services et produits, et d'autres menaces pour nos utilisateurs ».
Ce n'est pas la seule modification apportée par Google en matière de protection de la vie privée. L'historique de la fonction Google Suggest (qui est en particulier exploitée par Chrome) sera désormais purgée toutes les 24 heures.

vendredi 22 août 2008

Internet Explorer 8 renforcera la protection de la vie privée des internautes

La prochaine version d'Internet Explorer (la version 8.0) arrivera d'ici fin 2008. Une première version beta est déjà disponible et une nouvelle arrivera d'ici fin août.
Une des nouveautés de ce navigateur Internet sera la possibilité de contrôler les informations diffusées par le logiciel. Ainsi, tout comme Safari, IE8 disposera d'un mode de navigation privée, en désactivant l'historique et le cache, et en supprimant toute donnée personnelle saisie dans un formulaire. Il s'agit d'un avantage d'IE8 sur Firefox 3, qui ne dispose pas d'une telle fonction (la fondation Mozilla doit en effet l'implémenter, mais cela nécessite beaucoup de modification de code). Il devrait également intégrer 2 nouvelles fonctions : Cleartracks (effacement de l'historique d'une session) et Inprivate (mode de navigation privée, et détection des sites qui tentent d'identifier les habitudes de surf des internautes). Selon Microsoft, les utilisateurs pourront contrôler précisément les informations qu'Internet Explorer 8.0 mettra à disposition des sites web.

jeudi 1 mai 2008

Quand l'open source est appliquée aux impôts...

Le site du ministère italien des finances a été pris d’assaut par tous les internautes du pays, après la publication ouverte des déclarations d’impôts de tous les contribuables du pays, ce qui leur a permis de découvrir ce qu’avaient déclaré leurs voisins ou amis. Quelques heures plus tard, l’Autorité italienne des libertés individuelles a interdit la publication de ces informations et a ordonné la fermeture du site. Mais il était bien trop tard, car des journaux tels que La Stampa a publié une liste des revenus déclarés par des dizaines de VIP italiens. Cette affaire a déclenché un scandale dans le pays, et des associations de consommateurs dénoncent  « un instrument honteux de la délation ».